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L’épargne des Français atteint un nouveau record au deuxième trimestre

98,9 milliards d’euros : c’est le niveau record de l’épargne des ménages au deuxième trimestre 2020 selon les derniers chiffres de la Banque de France.

La chute de la consommation pendant le premier confinement (près de 12% en valeur au deuxième trimestre) a provoqué un niveau record de l’épargne des ménages : 98,9 milliards d’euros ont été mis de côté, selon les derniers résultats publiés par la Banque de France (BdF) mercredi 18 novembre. Les Français avaient déjà économisé 71,8 milliards d’euros au premier trimestre. Par ailleurs, les flux d’emprunts bancaires sont quasiment stables au deuxième trimestre avec 13,5 milliards d’euros contre 13,2 milliards au trimestre précédent. Ils demeurent en-dessous des flux des années précédentes, note la BdF, soit 19,7 milliards d’euros en moyenne sur la période 2017-2019.

Si l’on regarde le flux annuel de placement des ménages, il est en hausse de 27,9 milliards d’euros par rapport au premier trimestre et s’établit au deuxième trimestre à 181,9 milliards d’euros. C’est un des effets de « l’épargne forcée » des ménages accumulée pendant le confinement, note encore la BdF. Concernant l’épargne investie en produits de taux, elle augmente en glissement annuel nettement, à 149,7 milliards d’euros, contre 123,2 milliards au trimestre précédent. Ce sont les dépôts à vue et les livrets d’épargne qui ont le plus augmenté avec 135,6 milliards, alors que les placements en produits de fonds propres progressent de manière plus modérée, soit 32,6 milliards d’euros au deuxième trimestre après 25,4 milliards au premier.

Les flux de l’assurance vie et de l’épargne retraite peu dynamiques

Concernant les prévisions du troisième trimestre, les premières données de la Banque de France montrent une augmentation moins forte du numéraire et des dépôts, soit 34,1 milliards d’euros après 63,8 milliards au deuxième trimestre, mais ils restent à un niveau élevé. En effet, le flux trimestriel était de 18,7 milliards en moyenne sur la période 2017-2019. Pour l’assurance vie et l’épargne retraite, les flux trimestriels rebondissent légèrement mais ils restent peu dynamiques, avec une hausse de 2,4 milliards d’euros, après avoir baissé de 0,7 milliard au deuxième trimestre. Pour ce qui est des flux en support UC (en unités de comptes), ils se réduisent de 0,9 milliard contre 3,1 milliards au deuxième trimestre. Enfin, la Banque de France estime que le patrimoine financier brut affiche une hausse de 271,3 milliards d’euros au deuxième trimestre 2020 et 30% de cette hausse, soit 81 milliards, est due aux flux de placements financiers. Le reste est dû à la revalorisation des actifs détenus.

Recul de la consommation plus net en novembre

Ces données publiées par la BdF sur l’épargne des Français concordent avec la publication par l’Insee des derniers chiffres de la consommation des ménages. Elle se serait légèrement dégradée en octobre sous l’effet des restrictions sanitaires (couvre-feu notamment), s’établissant à 4 % en deçà de son niveau du quatrième trimestre 2019, après s’être maintenue au troisième trimestre 2020 à un niveau très proche de celui d’avant la crise. Le recul serait beaucoup plus net en novembre avec le reconfinement mais il serait moins brutal que pendant le premier confinement. « La consommation se situerait à 15% en deçà de son niveau du quatrième trimestre 2019 (contre environ 30 % au début du premier confinement) », écrit l’Insee dans sa note. « Comme en avril, les dépenses les plus affectées seraient celles en carburant, les achats de biens manufacturés non essentiels et, du côté des services, les dépenses d’hébergement et restauration, de services de transport et de loisirs », précise l’institut.