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Le succès du livret A en 2020 ne devrait pas directement booster les logements sociaux

Le placement a été massivement plébiscité par les Français en 2020 avec une collecte record de 26,39 milliards d’euros.

Livret A
Crédit : Sipa.

Les encours globaux du livret A et du livret de développement durable et solidaire (LDDS) n’ont jamais atteint des niveaux aussi élevés. En 2020, ils ont culminé à 448,3 milliards d’euros, soit une hausse de 9,1 % par rapport à 2019, en raison d’une collecte record de 26,39 milliards d’euros pour le premier et de 8,82 milliards pour le second. Interviewé par Les Echos le 20 janvier, le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Eric Lombard, estime néanmoins qu’il faut « relativiser ce surcroît d’épargne, car il est lié à l’impossibilité de consommer ». Et cela risque de durer « tant que la crise sanitaire perdurera », malgré une rémunération du Livret A réduite de 0,75 % à 0,50 % le 1er février 2020.

Cette surépargne ne devrait pas bénéficier aux bailleurs sociaux, à qui la Caisse des dépôts et de consignations prête pour construire et réhabiliter des logements sociaux. Car comme le note Eric Lombard, « nous observons un ralentissement lié aux récentes élections municipales et au fait que beaucoup de collectivités décident de moins construire pour des préoccupations écologiques. Or, le pays a besoin de logements sociaux (…). Il en faut au moins 100.000 par an en France. L’an dernier, on était à moins de 90.000. Résultat, nous prêtons moins, alors que l’épargne augmente ! »

« Un cliquet de sécurité »

Autre élément qui a pesé sur les décisions d’investissement : les prélèvements de l’État sur les fonds propres des bailleurs sociaux, qui se sont élevés à près de 3 milliards d’euros de 2018 à 2020. Toutefois, « les fonds d’épargne sont abondants. Si, par extraordinaire, il venait à en manquer, il existe un cliquet de sécurité obligeant les banques à remonter une plus grande proportion des fonds vers la Caisse des dépôts », affirme au Monde Dominique Hoorens, directeur des études économiques à l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère les organismes HLM.

L’argent de l’épargne des Français finance également les collectivités locales, le programme Action cœur de ville, de multiples projets urbains, des hôpitaux, la réfection des réseaux d’assainissement (Aqua Prêt), rappelle Le Monde.