Se connecter S’abonner

Investir dans le vin : « Il est possible de bénéficier de réductions d’impôts à travers le Private Equity »

Le vin affiche toujours « une belle résistance et une faible volatilité », explique Thomas Hébrard, président et fondateur de U’Wine, qui revient sur les intérêts d’un tel investissement.

Thomas Hébrard, président et fondateur de U’Wine

Comment se porte le marché du vin ? 

Thomas Hébrard : Cela dépend pour qui ! Pour les professionnels, les taxes initiées par Trump, la fermeture des cafés, hôtels et restaurants et l’arrêt des vols internationaux a mis un marché, déjà stagnant, à rude épreuve. Pour autant, côté investisseurs ou consommateurs, des opportunités existent ! Le vin reste malgré tout un actif décorrélé des marchés financiers et démontre une belle résistance et une faible volatilité. L’indice Liv-Ex Fine Wine 100, référence du marché des Grands Crus, termine ainsi l’année 2020 en hausse de 5,4%. L’assainissement du marché chinois et son dynamisme post-Covid, associés au succès des ventes en ligne, notamment aux États-Unis, ouvrent de nouvelles perspectives. A l’instar de la campagne 2020 (millésime 2019), la prochaine campagne Primeurs de Bordeaux devrait proposer des prix compétitifs. Il y a donc des signes positifs !

Quels conseils donneriez-vous à un particulier qui souhaiterait investir dans le vin ? 

Thomas Hébrard : Plusieurs éléments doivent être étudiés avant de se lancer. D’abord, comment s’y prendre ? On peut choisir d’investir soi-même dans le vin, mais cette option s’avère complexe aujourd’hui : accès aux meilleurs prix d’achat, conditions de stockage, perte de la TVA à la revente… Je recommande plutôt de se tourner vers des professionnels. L’investisseur délègue au mandataire les prestations suivantes : sélection, achat, stockage, gestion, revente et livraison. Attention, l’offre du mandataire doit être enregistrée auprès de l’Autorité des marchés financiers.

En deuxième lieu, il faut étudier les conditions : à quel prix sont achetés les vins, comment sont-ils sélectionnés, quels sont les frais – de gestion et de logistique des bouteilles ? Ces éléments impacteront fortement la performance de l’investissement. Les conditions de stockage des vins doivent être questionnées. Et surtout la capacité à valoriser et à revendre les bouteilles, là où se situe principalement le risque. Enfin, il ne faut pas oublier le plaisir ! Puis-je déguster une partie de mes vins ou puis-je en découvrir physiquement certains, y a-t-il un sens derrière cet investissement ?

Comment profiter d’une fiscalité avantageuse ? 

Thomas Hébrard : Dans le cadre d’un mandat de gestion, il n’y a pas d’avantage fiscal à l’entrée, mais bien à la sortie. Il s’agit du régime des biens meubles, qui exonère d’imposition les plus-values générées par la revente des bouteilles lorsque les ventes unitaires ne dépassent pas 5 000 euros. Par ailleurs, on peut aussi bénéficier de mécanismes de réduction d’impôts à travers le Private Equity. En investissant dans une société de négoce de vin éligible, on peut profiter de plusieurs dispositifs de défiscalisation : réduction d’impôts sur le revenu via le dispositif IR-PME/Madelin, PEA-PME et remploi d’apport-cession pour les chefs d’entreprise (article 150-0 B ter).

Vos dernières recommandations ?

Thomas Hébrard : Il faut aller chercher les pépites de demain ! Pour moi, les Barbaresco du domaine Bruno Rocca et les Barolo de chez Guilia Negri sont à découvrir absolument.