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Epargne : des élus proposent une hausse de la fiscalité

Le taux d’épargne a grimpé à 18,8% au troisième trimestre 2020, selon les derniers chiffres de la Banque de France. Certains réclament que cette manne soit utilisée par l’Etat.

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Crédit: iStock.

L’idée d’utiliser l’épargne des Français pour stimuler la reprise économique fait son chemin. En effet, sur l’ensemble de l’année 2020, l’épargne supplémentaire représenterait 130 milliards d’euros, selon la Banque de France (BdF). « En cumul sur quatre trimestres glissants, les flux nets de placement des ménages s’établissent au troisième trimestre à 212,3 milliards d’euros (après 181,9 milliards au deuxième trimestre) », selon les derniers chiffres de l’institution, publiés vendredi 19 février. « Ils restent orientés très majoritairement vers les actifs sous forme de produits de taux (159,3 milliards d’euros), en particulier les dépôts bancaires et le numéraire », détaille encore la synthèse. Face à ce surplus de l’épargne, certains élus proposent une hausse de la fiscalité, relève le quotidien Les Echos. Une proposition écartée pour l’instant par le gouvernement.

Ainsi, le sénateur socialiste Rémi Féraud, membre de la Commission des finances, pense qu’« il y a un véritable blocage idéologique pour mobiliser cette épargne plus utilement que sur de simples placements liquides », même si « tout le monde s’accorde sur le constat et la nécessité », précise l’élu aux Echos. Le gouvernement souhaite en effet que cette épargne finance la relance : depuis plusieurs mois, il incite les Français à investir dans les entreprises, notamment en créant un fonds « patriotique » proposé par Bpifrance. Des élus pensent qu’il faut aller plus loin en recourant à la fiscalité, partant du constat que ce sont les plus riches qui ont épargné. « 20% des ménages les plus aisés ont accumulé 70% de cette épargne », indique Thierry Cozic au quotidien, lui aussi sénateur socialiste. « C’est un coup double : c’est également cette population qui a reçu le plus de cadeaux fiscaux depuis 2017 », estime l’élu.

Contribution des plus riches

Une proposition de loi socialiste avait émis cette idée en avril 2020. Le texte proposait de modifier la fiscalité des assurances vie, dont l’encours dépassait les 30.000 euros. Pour le sénateur Rémi Féraud, les ménages les plus aisés doivent contribuer à la relance, ainsi que « les activités gagnantes de la crise ». Lors d’une audition au Sénat mercredi 17 février, un sénateur LR, Emmanuel Capus, a aussi parlé du rôle de l’Etat pour que l’épargne soit « investie dans l’avenir », précise Les Echos.

Cependant, cette idée de contribution des épargnants ne fait pas l’unanimité. « Il ne faut pas considérer l’épargne des Français comme une cagnotte dans laquelle piocher », indique au quotidien économique Valérie Plagnol, présidente du Cercle des épargnants. Les inquiétudes sur l’avenir poussent les épargnants à être « attentistes » selon elle. La hausse de la dette publique est un facteur qui inquiète « face à un risque de captation ». De plus, les livrets réglementés seraient plus attractifs parce que le contexte est incertain. « Dans un environnement de taux négatif, 0,5 % sans impôt pour les Livrets A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), c’est une très bonne rémunération », a déclaré Emmanuel Moulin, le directeur du Trésor, lors de l’audition au Sénat du 17 février.