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Epargne : comment, selon leurs revenus, les ménages ont-ils profité de la crise ?

En se basant sur l’analyse de données bancaires anonymisées, l’Insee a étudié comment la crise sanitaire a modifié la situation financière des ménages. Il en ressort que les ménages disposant des plus hauts revenus ont davantage épargné après le rebond de la bourse, quand les autres ont uniquement compté sur une baisse de la consommation.

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Crédit: iStock.

Le Covid-19 et les confinements qui en ont découlé ont fait chuter la consommation et provoqué un surcroît d’épargne. En se basant sur des données bancaires anonymisées, l’Insee a scruté l’impact de la crise sur l’épargne de clients du Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Dans une note publiée le mercredi 10 mars, il ressort que pendant les deux confinements de 2020, tous les groupes de ménages étudiés, quels que soient leurs niveaux de revenus, ont diminué leur consommation. Celle-ci s’est tout particulièrement recentrée, notamment en avril, sur les biens de première nécessité. Les ménages qui disposaient des plus hauts revenus en 2019 ont donc davantage réduit leur consommation (-55%). Ils ont ainsi pu épargner plus que les ménages les plus modestes dont la consommation a reculé de 40%.

Ainsi, le patrimoine financier brut des ménages (épargne liquide, comptes-titres et assurances vie, crédits exclus) a fortement augmenté en 2020, précise l’étude. La hausse est plus élevée en euros chez les ménages à hauts patrimoines financiers, quand des familles plus modestes sont parvenues à placer quelques dizaines ou centaines d’euros en général, sur leurs livrets d’épargne. Les artisans et commerçants, ou encore des salariés du secteur privé, ont subi de plein fouet une baisse de leurs revenus mensuels.

Une augmentation mécanique

Si elle n’a pas été du même niveau en automne, la chute de la consommation lors des deux confinements a provoqué une hausse du patrimoine financier des ménages en 2020. Les mesures de restrictions sanitaires, dont la fermeture des commerces « non essentiels » pendant les deux confinements, ont contraint les ménages à réduire leur consommation. Leur épargne a dès lors mécaniquement augmenté puisque les revenus d’activité, de leur côté, ont nettement moins diminué lors du deuxième confinement. Le taux d’épargne des ménages a ainsi atteint 21,3% du revenu disponible des ménages en 2020 selon les comptes nationaux, après 14,9% en 2019.

Alors que les soldes des comptes courants ont bondi de 10% entre février et mai, ceux des livrets ont augmenté de 2,5% sur la même période. L’Insee note aussi qu’au contraire de cette épargne liquide, l’épargne financière, c’est-à-dire les avoirs en comptes titres et en assurance-vie, a diminué temporairement en mars avant d’augmenter les mois suivants. Cette baisse provisoire s’explique par la chute des cours boursiers. Toutefois, le rebond boursier des mois suivants et le surcroît d’épargne investi par les ménages dans ces instruments financiers au cours de l’année ont permis à l’épargne financière des ménages de dépasser en décembre son niveau de février 2020.

Une progression du patrimoine financier brut plus tardive

Lors du deuxième confinement, la baisse moins importante de la consommation a provoqué une augmentation de l’épargne liquide moins forte que lors du premier confinement. Les soldes des comptes courants ont tout de même progressé de 5% entre octobre et décembre. Le deuxième confinement n’ayant pas provoqué de chute notable des valeurs boursières, le patrimoine financier brut a fortement augmenté entre octobre et décembre.

Les ménages avec des hauts patrimoines détiennent une part plus importante de leurs avoirs sous forme d’épargne financière. En conséquence, ils ont davantage subi la baisse temporaire des cours de bourse en mars 2020 que les ménages détenant principalement des avoirs liquides. Mais leur patrimoine a augmenté plus rapidement dans un second temps, quand le rebond boursier a effacé leurs pertes.