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Épargne : le comportement des Français pourrait changer après la crise

L’argent mis de côté par les Français en 2020 est une « épargne contrainte » selon Eric Heyer de l’OFCE.

épargne
Crédit: iStock.

Une fois la crise passée, il n’est pas sûr que les Français continuent d’épargner. C’est ce que pense Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui précise sur RTL mercredi 31 mars que l’épargne des Français l’an dernier était « contrainte ». Selon la Banque de France, 165 milliards d’euros n’ont pas été dépensés et les 200 milliards seront atteints à la fin de l’année 2021. « C’est plutôt une consommation empêchée, c’est-à-dire qu’on empêche, aujourd’hui encore, à un certain nombre de personnes de consommer. On ne peut pas partir à l’étranger, on ne peut pas partir en vacances, on ne peut pas aller au restaurant… donc vous voyez, ce n’est pas une réelle épargne, c’est une épargne contrainte », a expliqué le membre du Haut Conseil des finances publiques.

Le comportement des consommateurs/épargnants après la levée des restrictions sanitaires suscite des questions. « Est-ce qu’il y aura un comportement réellement d’épargne ? », demande Eric Heyer. Deux possibilités selon lui, transformer cette épargne contrainte « en épargne » réelle, ou alors « consommer massivement ».

Une épargne « gigantesque »

Le phénomène a été observé dans tous les grands pays selon le directeur du département analyse et prévision de l’OFCE. « Ça représente, si on regarde en taux d’épargne, à peu près 10 à 12 points d’épargne supplémentaires par rapport à votre revenu. C’est gigantesque », a expliqué à l’antenne de la radio Eric Heyer. « Normalement, le taux d’épargne est aux alentours de 14%, là, il est monté aux alentours de 24%, ça monte même à 25 points d’épargne supplémentaires aux Etats-Unis, 18 au Royaume-Uni, donc c’est un comportement à peu près général », a-t-il poursuivi.