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Investissement : l’AMF veut mieux accompagner les particuliers

Mieux accompagner la montée en puissance de l’actionnariat individuel, qui a atteint un niveau record au premier trimestre 2021, fait partie des priorités d’action affichées jeudi par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

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Crédit: iStock.

Alors que l’année 2020 a été caractérisée par « une montée en puissance de l’actionnariat individuel », l’AMF a « une responsabilité toute particulière vis-à-vis » des non professionnels qui se lance de l’investissement, a souligné le président du régulateur français, Robert Ophèle, lors de la présentation jeudi du rapport annuel 2020. Même si elle semble « moins massive en France qu’aux États-Unis », selon lui, cette participation croissante des particuliers, « plus jeunes et plus actifs sur les marchés » s’est tout de même caractérisée par « 400.000 nouveaux investisseurs en France en 2020 (…) avec en particulier 60 millions de transactions de particuliers enregistrées en 2020 contre 25 millions les années précédentes ».

« La tendance se poursuit, avec un premier trimestre 2021 qui est un record », a ajouté M. Ophèle, se réjouissant d’une évolution qui « permet de créer un lien plus direct entre les Français et le développement de nos entreprises ». « Encore faut-il que cette évolution s’inscrive bien dans une perspective de long terme, qu’elle ne se traduise pas par des prises de risques excessives et qu’elle contribue au bon fonctionnement du marché », a-t-il plaidé, invitant à « refuser les instruments à fort effet de levier et à ne pas céder à la magie du zéro commission, qui est une illusion ».

Interdiction des ventes à découvert

« Il faut également renforcer la qualité des conseils qui sont donnés aux clients », a soutenu le président de l’AMF, toujours avec l’investissement dans le viseur. « L’année 2020 est également une année où les mécanismes de marché ont dans certains cas conduit à des excès avec des valorisations et des prises de risques excessives » ayant pu amener le régulateur à contrarier de tels mécanismes, a relevé M. Ophèle.

« L’ampleur des limitations apportées au fonctionnement des marchés peut interpeller », a-t-il concédé, citant, entre autres, l’interdiction des ventes à découvert, celle des offres amicales « pour de légitimes raisons de souveraineté » ou encore « les restrictions apportées aux distributions des dividendes des intermédiaires financiers ». La défense de l’intégrité des marchés « se traduit en particulier par l’accent mis sur une exigence de transparence, qui permet de prévenir les abus de marché, et sur le développement du dialogue actionnarial qui peut permettre d’éviter les conflits inutiles », a expliqué M. Ophèle.

 « Encore loin du but »

L’AMF a en particulier rendu publique « son analyse des mécanismes de défense mis en place par le conseil d’administration de Suez face à l’offre d’achat non sollicitée de Veolia », a-t-il rappelé. En matière de finance durable, investissement qui a le vent en poupe, « la contribution de l’AMF a été très significative » en 2020, a-t-il observé, mais « nous sommes toutefois encore loin du but ».

« Du côté des émetteurs, alors que l’Europe avance rapidement pour préciser les informations à rendre publiques, la demande s’est accélérée en faveur de standards mondiaux qui pourraient servir de références communes », note-t-il. Toutefois, « cette attraction légitime des standards mondiaux ne doit ni retarder ni affadir les ambitions européennes », selon lui.