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Matières premières : un « atterrissage » des prix estimé au second semestre

Or, cuivre, palladium… La crise déclenchée par le Covid-19 provoque des tensions sur les prix des matières premières dans le monde. L’économiste Philippe Chalmin s’attend à un « atterrissage » des prix au second semestre.

pétrole
Crédit: iStock.

Le Covid-19 a eu un impact plus qu’important sur l’économie. Une thématique abordée par la 35e édition du rapport de référence CyclOpe sur les matières premières. Philippe Chalmin, qui la co-dirige, relève que « ces années 2020/2021 ont été marquées par la crise économique la plus forte que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale ». Cette crise « a été caractérisée par une forte chute des prix de la plupart des marchés au premier semestre 2020 puis par un rebond plus important que ce que l’on imaginait et qui se produit encore aujourd’hui », ajoute ce professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine à l’AFP. 

Pur autant « la vision du CyClope n’est pas celle d’un +super cycle+ » pour les matières premières comme cela a pu se passer entre 2007-2012, « période de fortes tensions » sur les prix, considère-t-il. Dans une note récente, la banque Goldman Sachs avance d’ailleurs l’idée d’un nouveau « +super cycle+ sur les marchés des commodités ». C’est-à-dire d’une hausse durable des prix, comme le relève le rapport co-dirigé par Yves Jégourel, professeur à l’Université de Bordeaux.

Un réajustement des marchés à la baisse

Si la banque américaine fonde son analyse sur la mise en oeuvre des programmes d’investissement annoncés en 2020-2021, « cette idée de super cycle ne nous paraît pas fondée », objecte le rapport. « La réalité est celle d’un cycle long, de l’ordre de 25 ans sur les marchés des matières premières. » « Notre vision, c’est qu’il y a des tensions aujourd’hui liées à un rattrapage de la demande au lendemain d’une crise économique majeure, à un moment où l’offre n’a pas pu se reconstituer suffisamment. Mais en toute logique on devrait avoir un atterrissage » sur les marchés dans la seconde partie de l’année et l’année prochaine, déclare M. Chalmin à l’AFP.

Le rapport anticipe « un réajustement des marchés à la baisse ». À titre d’exemple, le baril de Brent serait à 55 dollars en moyenne en 2021, l’once d’or à 1 850 dollars, la tonne de cuivre à 7 500 dollars, le boisseau de blé à 6 dollars, celui de soja à 11 dollars. Une chose est sûre selon les auteurs du rapport : « la Chine sera encore en 2021 le facteur déterminant de l’évolution de marchés mondiaux qui resteront marqués par leur profonde instabilité. »