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Placements : décorrélez pour bien diversifier !

Si la diversification de vos placements est toujours souhaitable, il est important qu’elle se fasse avec des actifs qui n’évoluent pas tous dans le même sens. Explications.

épargne
iStock

En matière d’épargne, il est vivement conseillé de « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Ce principe de bon sens incite effectivement à ne pas dépendre d’un seul actif, le risque étant a priori moindre lorsque l’investissement est ventilé sur plusieurs produits.

Reste que pour être vraie, cette affirmation nécessite de prendre une précaution supplémentaire. La diversification n’est réellement efficace que si les actifs visés sont décorrélés, c’est-à-dire s’il ne réagissent pas de concert.

La complémentarité avant tout

Imaginons un investissement sur cinq groupes pétroliers. Certes, l’épargnant sera protégé du risque spécifique à chacun de ces groupes, mais il subira toujours de plein fouet les aléas du marché pétrolier. Si en revanche, il couvre son investissement pétrolier par des titres défensifs, voire contracycliques, son portefeuille subira moins d’à-coups.

D’un point de vue technique, une diversification bien menée permet d’abaisser la volatilité du portefeuille, autrement dit l’amplitude théorique de ses performances.

Prenons le cas d’un placement A qui laisse espérer un gain de 30% dans un scenario 1, de 10% dans un scenario 2 et de -10% dans un scenario 3. En supposant une équiprobabilité des scénarios, l’épargnant a une espérance de gain de 10%, mais avec une forte volatilité prévisible (16,3%).

Un autre placement (B) est proposé avec des gains possibles de -10%, 0% et 15% selon les trois scénarios retenus. Ici l’espérance de gain moyen est de 2% avec une volatilité encore élevée (10,3%).

Optimiser le couple rendement/risque

Si en revanche, notre investisseur mixe les deux placements A et B, il pourra gagner 10% dans le scenario 1, 5% dans le scénario 2 et 2,5% dans le scénario 3. Certes, son espoir de gain sera ramené à 6% (contre 10% avec le seul placement A), mais son placement aura une faible volatilité (3,1%).

Bien entendu, cet exemple est volontairement simpliste. Mais toute stratégie de diversification doit avoir pour but de dénicher des actifs évoluant de manière complémentaire afin d’optimiser le couple rendement/risque.

Quant à savoir combien de lignes sont nécessaires, tout dépend du type de placement et du patrimoine investi. Mais à titre d’exemple, pour un portefeuille d’actions, une vingtaine de lignes suffisent. Au-delà, l’amélioration devient symbolique face au surcoût de gestion induit.