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Épargne : les inégalités accentuées par la crise sanitaire

Selon la Banque de France, les Français les plus modestes ont davantage puisé dans leurs livrets et comptes d’épargne populaire durant la crise.

Epargne
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Effet inattendu de la crise sanitaire, pendant deux ans, le taux d’épargne moyen des Français a bondi, passant d’un peu moins de 15 % en 2019 à 21,7 % au premier trimestre 2021. Toutefois, si les sommes mises de côté ont ainsi atteint des dizaines de milliards d’euros sur cette période, les inégalités en termes de capacité d’épargne se sont, elles aussi, accrues, révèle la Banque de France. Selon ses données concernant les dépôts bancaires dans les régions françaises (métropole) en 2019 et en 2021, relayées par BFMTV, les Français les plus modestes ont davantage puisé dans leurs économies depuis le début de la crise sanitaire.

Baisse des sommes sur les livrets et comptes d’épargne populaire

Plus précisément, les sommes déposées sur les livrets et comptes d’épargne populaire, soumis à un plafond de revenus, sont passées de 55,1 milliards d’euros fin juillet 2019 à 54,2 milliards d’euros fin juin 2021, soit une baisse de près d’un milliard d’euros. Des disparités sont également à noter entre les différents territoires. En Seine-Saint-Denis, par exemple, le département le plus pauvre de la métropole, le taux d’épargne moyen a augmenté de 21,97 % de 2019 à 2021. En comparaison, dans les Hauts-de-Seine, à l’inverse le département le plus riche, ce taux a augmenté de 38,23 %.

Des disparités territoriales

Tous livrets, plans et comptes d’épargne réglementés confondus, dans la Creuse, deuxième département le plus pauvre de métropole, l’épargne accumulée est passée de 2 milliards d’euros en 2019 à 2,2 milliards d’euros en 2021, soit une hausse de 10 %. En Vendée, où le taux de pauvreté est de 5 % selon l’Insee, le taux d’épargne moyen a augmenté de près de 15 %, passant de 13,2 à 15,1 milliards d’euros. À l’échelle régionale, dans les Hauts-de-France, où 18% de la population vit sous le seuil de pauvreté, ce taux a évolué de 10,8 %. En contraste, en région parisienne, où l’on compte pourtant 43 % des très hauts revenus de l’Hexagone, l’épargne des Franciliens est passée de 379,1 à 407,5 milliards d’euros, soit une hausse de 7 %.