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Vin : où investir dans le foncier viticole ?

Les petits épargnants sont de plus en plus séduits par les groupements fonciers viticoles (GFV). Palmarès et classement des appellations de vin dont les prix à l’hectare sont en forte hausse depuis dix ans.

Les grandes fortunes ne seraient plus les seules à investir dans les vignes. Les petits épargnants peuvent aussi accéder à ce type d’investissement, grâce aux groupements fonciers viticoles (GFV). L’investisseur achète des parts avec un ticket d’entrée variable, de 5.000 euros en moyenne. Ensuite, il récupérera une rémunération en bouteilles ou en dividendes. Et les plus-values dans ce secteur peuvent être très importantes, surtout depuis dix ans, affirme Le Figaro, qui a effectué un classement publié le 23 septembre. Le quotidien a classé 50 appellations dont le vignoble a connu un prix à l’hectare en hausse. Pessac-Léognan arrive en tête, avec une hausse des prix de 253% entre 2010 et 2020, alors que cette appellation était « plus en retrait dans le Bordelais », selon Jean-Marie Cardebat, économiste du vin. Moins connu que « les margaux, les pomerols, saint-émilion et compagnie », précise l’expert, ce vin garde une excellente valeur organoleptique. Les prix du foncier y ont fortement augmenté en dix ans. 

Parmi les domaines remarqués, le quotidien cite le château Haut-Brion, le Smith-Haut-Lafitte 2009 ou encore le château Pape Clément. « Ce qui fait la vigne, c’est d’abord le vin », commente Jean-Marie Cardebat. Deuxième du top 50 des appellations qui ont pris le plus de valeur, Pauillac, toujours dans le Bordelais, avec le même phénomène que Pessac-Léognan et une hausse de 180% des prix du foncier. 

Les trois appellations suivantes dans le classement du Figaro sont situées dans le Cognac, soit Cognac Bons bois, Cognac Fins bois et Cognac petite Champagne. « Au début des années 2000, nous étions dans une période où les alcools blancs avaient le vent en poupe. Puis, il y a dix ans, les alcools bruns ont pris le relais », explique Cécile François, directrice de la communication d’Hennessy. Cette grande maison est le moteur de la filière locale, car elle exploite près de la moitié des hectares de vignes disponibles, soit 78.000 hectares au total. Le succès des exportations de ce producteur vers la Chine et les Etats-Unis expliquent les prix élevés du foncier dans cette région.

Bourgogne grand cru

La 6e place est occupée par l’appellation Pomerol, qui a aussi connu une évolution importante des prix du foncier, de 122%. Vient ensuite l’appellation Bourgogne grand cru, avec des prix du foncier viticole en augmentation de 111%. Les prix des bouteilles sont exorbitants, l’offre étant insuffisante par rapport à la demande. « Les progrès qualitatifs ont été énormes avec des récoltes beaucoup plus faibles », précise au Figaro Anne Le Naout, à la tête du château Philippe le Hardi, produisant entre autres un clos vougeot grand cru. 

A noter, les belles places des appellations du sud-est de la France, notamment celles du Var, en raison de l’arrivée des acteurs américains dans le département. La réputation des vins rosés a monté avec le château Miraval (AOC côtes de Provence) acheté par Angelina Jolie et Brad Pitt, ou encore le domaine de Canadel (AOC côteaux varois) acquis par Georges et Amal Clooney. La région est ainsi devenue « Hollywood sur Provence », selon le quotidien, avec encore Georges Lucas au château Margüi et John Malkovich dans le Luberon, qui a acheté Les Quelles de la Coste. « J’ai eu des visiteurs réguliers qui veulent racheter mes vignes. Des oligarques des pays de l’Est, une multinationale du luxe… Moi je ne suis pas vendeur, mais les prix qu’on m’a proposés m’ont cloué au sol. » raconte Jean-Louis Croquet du château Thuerry. Le prix du terrain viticole s’envole aussi en Corse, notamment dans l’AOC Ajaccio, 8e du classement.