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Quels sont les placements les plus liquides ?

Au-delà de la rémunération offerte, tous les placements ne se valent pas sur le plan de la liquidité. Le point avec Mieux Vivre Votre Argent.

épargne
Crédit : iStock.

La rentabilité est souvent l’argument massue pour vanter l’intérêt d’un investissement financier. Néanmoins, ce n’est qu’un critère parmi d’autres, qui ne doit pas vous faire oublier la liquidité, c’est-à-dire la possibilité de disposer immédiatement des sommes en jeu, sans que celles-ci soient impactées. Si certains placements offrent une liquidité absolue et immédiate, d’autres en sont quasiment dépourvus.

De manière générale, plus le placement est liquide, plus il est simple d’agir au quotidien et de récupérer ses avoirs rapidement. Mais souvent, celui-ci sera peu rémunérateur. A contrario, un placement peu liquide implique que votre argent soit, d’une manière ou d’une autre, bloqué avec la possibilité de perdre une partie de vos avoirs. Et là encore, avec en général plus de chances de gains à la clé.

Les placements très liquides***

  • ●     Les livrets

Au rang des placements les plus liquides, on retrouve le livret A, le livret de développement durable et solidaire (LDDS), tous les livrets d’épargne, ou encore le compte à terme et le compte courant. Autant de solutions qui ne rapportent quasiment plus rien : 0,5% pour le livret A et le LDDS, 0,6% pour les meilleurs livrets bancaires.

  • ●     Le compte titre ordinaire ( CTO)

En achetant des actions sur un compte titres, on considère que vous investissez, là encore, sur un marché relativement liquide. Du moins, si vous investissez sur un marché profond. C’est-à-dire avec un volume de transactions journalières (achat/vente des actions) élevé. Les actions des grandes entreprises (par exemple cotées sur le CAC 40) sont plus liquides que celles des petites capitalisations, souvent plus volatiles et évoluant dans un marché étroit.

Les placements moyennement liquides**

La disponibilité de votre argent varie en fonction du type de compte que vous allez utiliser. En effet, certaines enveloppes fiscales restreignent la liquidité de vos avoirs indépendamment de leur contenu. Nous distinguons principalement trois placements qui ont leur place dans cette catégorie.

  • ●     L’assurance vie

Ici, l’aspect fiscal est un élément primordial. En effet, les rachats suivent une fiscalité décroissante au fil des ans. Après 8 ans, vous optimisez complètement la fiscalité rattachée à vos placements en OPCVM. Néanmoins, en cas de besoin, vous pouvez récupérer votre argent à tout moment. Retenez que si vous rachetez avant 4 ans, vous devrez renoncer à vos avantages fiscaux. Cependant, ceci doit être relativisé depuis l’instauration de la flat tax en 2018 qui limite la fiscalité à 30% (prélèvements sociaux inclus).

  • ●     Le Plan épargne en actions (PEA)

Contrairement à certaines idées reçues, le PEA n’est pas non plus bloqué durant 5 ans. Même si un retrait effectué avant 5 ans vous fera perdre votre avantage fiscal sur l’imposition des plus-values. En outre, depuis la loi Pacte de 2019, un retrait partiel après 5 ans n’entraîne plus la fermeture de votre PEA.

  • ●     Le Plan épargne retraite (PER)

Le PER a pour objectif un complément d’épargne, en rente ou en capital, à la retraite. Pour autant, il est possible d’y « toucher » avant : le plan propose désormais des possibilités de déblocage anticipé, en cas d’accident de la vie ou en cas d’achat de sa résidence principale. Le nouveau produit instauré en 2019 a été considérablement assoupli si on le compare au défunt Perp, lequel n’offrait aucune possibilité de sortie sauf cas de force majeure.

Les placements peu liquides*

Il s’agit ici principalement de trois placements, liés à une classe d’actif réputée pour sa faible liquidité : la pierre.

  • ●     L’immobilier en direct

L’immobilier détenu en direct est réputé peu liquide. En effet, même si le marché actuel est en surchauffe et promet des ventes plus ou moins rapides, nul ne peut savoir avec certitude le temps que prendra la vente d’un bien immobilier (que ce soit une résidence principale, ou un investissement locatif).

Trouver un acheteur suppose du temps et de négocier soi-même un prix de vente. De plus, les démarches administratives impliquent des délais allant parfois jusqu’à trois mois. Néanmoins, ce secteur brille par son hétérogénéité : un appartement à Paris sera beaucoup plus liquide qu’une maison en Auvergne, avec à la clé des rendements qui vont du simple au double.

  • ●     Les SCPI

Si vous détenez des parts de SCPI de rendement et que vous souhaitez les revendre, vous devez vous rapprocher de la société de gestion qui l’inscrira à son carnet d’ordres. La société de gestion va confronter votre demande avec les offres d’achat. La liquidité des SCPI est donc très tributaire de l’offre et de la demande avec des délais d’attente pouvant s’étaler sur plusieurs semaines.

Par ailleurs, en cas de crise de l’immobilier la SCPI pourrait être contrainte de vendre une partie de son parc et de procéder à une réduction de capital pour rembourser les associés sortants. Cependant on considère que la liquidité de la pierre papier est a priori meilleure que l’immobilier en direct, car le vendeur n’a pas à trouver un acheteur lui-même. De même, celle-ci est garantie dans le cas d’une allocation au sein d’un contrat d’assurance vie. En revanche, la liquidité n’est absolument pas garantie sur les SCPI fiscales, et ce sur de nombreuses années. Les rendements moyens se situent au-dessus de 4% en 2021.

  • ●     Le crowdfunding immobilier / le crowdequity

Le financement participatif, ou crowdfunding, permet d’investir dans toutes sortes de projets sur des plateformes web. Cela s’étend du financement de petits commerces jusqu’au gros projets immobiliers.

Ainsi, dans le crowdfunding, l’investisseur devient détenteur d’obligations liées à un projet immobilier, ou actionnaire d’une PME (crowdequity). Dans ce véhicule d’investissement, la liquidité est très faible, en contrepartie de rendements élevés : souvent plus de 10%. En effet, pour sortir du capital de l’entreprise, il conviendra d’attendre que les fondateurs de la société en question, rachètent vos parts ou qu’un nouvel investisseur se présente. Il faut donc être certain de ne pas avoir besoin de ses fonds rapidement. Dans le cas de l’immobilier, les durées s’étendent entre 12 et 36 mois. Certes ce n’est pas très long, mais il est quasiment impossible d’en sortir avant l’échéance.