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Epargne : comment les banques veulent attirer les clients disposant d’un bon matelas financier ?

L’épargne des Français ne laisse pas les banques insensibles. Pour profiter de cet argent prêt à être investi, elles lancent une multitude de produits.

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Crédit: iStock.

Avec les restrictions induites par la crise sanitaire, les Français ont épargné à hauteur de 160 milliards d’euros, chiffrait la Banque de France en juin dernier. Un véritable trésor qui pourrait être plus élevé de 40 milliards à la toute fin de 2021. Pour les banques, cet argent prêt à être investi est une aubaine. Alors, pour attirer les clients les plus aisés, elles n’hésitent pas à lancer de nouveaux produits d’épargne plus complexes que les livrets, rapportent Les Echos.

S’appuyant sur leur ancrage territorial, les groupes mutualistes ou publics pensent disposer de produits d’épargne ayant du sens, donc aptes à répondre aux attentes de leurs clients disposant d’un bon matelas financier. Ainsi, le Crédit Agricole vient de présenter différentes initiatives vertes. A partir de 2022, elles auront la forme de livrets thématiques et permettront aux clients de « visualiser les projets financés sur les territoires ». Et en 2023, « un plan d’épargne pour préparer ses futurs projets de transition » sera lancé, ajoute le quotidien.

Une véritable appétence

La Banque Postale, elle aussi, développe des solutions d’investissement responsable. Depuis 2020, sa filiale de gestion d’actifs propose des fonds 100 % ISR. Et en rachetant le solde du capital de CNP Assurances, elle a rappelé ses ambitions sur le marché de l’assurance-vie. La Société Générale, la BNP Paribas et LCL, ciblent une clientèle plus citadine, et généralement plus aisée. Alors, la BNP Paribas a mis l’accent sur une meilleure coopération des métiers de sa branche Investment & Protection Services (IPS), comme la banque privée, la gestion d’actifs, l’assurance, mais aussi l’immobilier. Une évolution qui se concrétise par la création d’une plateforme de préparation à l’épargne retraite, « Mondemain ».

« Il y a une appétence de la part des clients, notamment les plus aisés, pour de nouvelles offres d’épargne, plus digitales et plus personnalisées », explique au quotidien Ada di Marzo, associée et directrice générale du bureau parisien de Bain & Company. Mais selon elle, pour le moment, les banques « ne sont pas assez proactives dans leur approche auprès des clients ». Le cabinet d’études estime que deux milliards d’euros de revenus sur l’épargne restent à exploiter par les banques. En effet, certains clients disposeraient de plus de 20.000 euros d’épargne sur leurs comptes courants. Ils seraient 12% dans ce cas. De l’argent que les conseillers bancaires aimeraient voir investi dans des produits de placements verts ou socialement responsables (ISR).

Encore des efforts à fournir

Mais malgré ces efforts, le chemin qui reste à parcourir par les banques est long. « On ne passe pas sans accompagnement d’un simple dépôt sur un compte courant à un investissement plus sophistiqué par exemple en actions ou en private equity », souligne Renaud Dumora, directeur général adjoint de BNP Paribas et responsable du pôle IPS. Mais l’épargne des Français ne va pas disparaître du jour au lendemain.