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Les institutions financières de plus en plus soucieuses des enjeux climatiques

Un rapport de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de l’Autorité des marchés financiers (AMF) met en avant le renforcement des engagements publics des institutions financières en matière d’enjeux climatiques et insiste sur la nécessité de fixer des échéances aux engagements pris.

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Crédit: iStock.

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF), viennent de publier un rapport. Consacré au suivi et à l’évaluation des engagements pris par les institutions financières de la place de Paris en lien avec les enjeux climatiques, il met en avant leur investissement. En effet, les institutions financières continuent de renforcer leurs engagements publics dans ce domaine, à travers des engagements tant individuels que collectifs.

Le plus souvent, elles recourent à des politiques de désinvestissement et d’exclusion. Elles utilisent également le levier de l’engagement actionnarial. Toutefois, en dépit des efforts observés, il reste « difficile de recenser, de comparer et d’évaluer ces engagements qui ont des portées variées, peuvent être mis en œuvre de manière plus ou moins ambitieuse selon les établissements, et s’inscrivent souvent sur des horizons longs », indiquent les cosignataires de l’étude.

Actualisation des préconisations

À la suite des analyses menées et du travail des commissions Climat et Finance durable des deux Autorités, qui ont accompagné de leurs avis la préparation de ce document, le rapport fournit l’occasion d’un suivi de la mise en œuvre des préconisations faites en 2020. Leur actualisation est également au programme.

Néanmoins, beaucoup d’entre elles sont toujours d’actualité. Aussi, l’ACPR et l’AMF encouragent les acteurs à communiquer une date d’échéance claire sur les engagements. De cette manière, les deux institutions pourront vérifier si des avancées ont lieu et délimiter plus clairement le cadre d’action des institutions financières. La mise en place de délais permettrait également « d’accroître la clarté et la précision des politiques sectorielles pour le pétrole et le gaz, en s’inspirant des travaux menés sur le charbon, et rendre compte de façon transparente et homogène de leurs expositions aux énergies fossiles, en incluant l’intégralité de la chaîne de valeur, ainsi que le périmètre d’affaires le plus large possible ».

Mieux expliciter les impacts des choix réalisés

Ces informations seront notamment demandées dans le cadre de la mise en œuvre en 2021 du règlement européen SFDR et de l’article 29 de la loi Énergie et Climat, soulignent les cosignataires, qui souhaitent voir intensifier les travaux en cours, afin de permettre une mesure plus robuste de l’exposition des acteurs aux énergies fossiles. L’ambition est également de mieux formaliser les politiques d’accompagnement des clients et d’engagement actionnarial, souvent mises en avant par les établissements comme un des leviers d’action du secteur financier en faveur de la transition.

Un autre point important du rapport revient sur le rôle des démarches collectives, nationales ou internationales, auxquelles adhérent les institutions financières, notamment pour leurs engagements « net zéro » et la préservation du climat. Des initiatives qui fédèrent les travaux et participent au développement des cadres méthodologiques communs. « Mais il reste souvent à expliciter les impacts concrets pour les acteurs qui y font référence. Ces efforts permettront aussi de mieux comparer et évaluer les engagements pris », indique le rapport.