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Epargne : BPI France lance un nouveau fonds pour investir dans les entreprises

Bras armé de l’Etat pour le financement des PME et start-up, la banque publique d’investissement propose dès aujourd’hui aux particuliers de souscrire à son nouveau fonds. Ce qu’il faut savoir.

Bis repetita ! Après Bpifrance Entreprises 1 (BE1), la banque publique d’investissement réitère son initiative à destination des particuliers en ouvrant dès aujourd’hui la souscription de son nouveau FCPR (fonds commun de placement à risques). L’objectif : récolter 100 millions d’euros destiner à soutenir la croissance d’un panel d’entreprises, PME et start-up. Ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que ce fonds ?

Logiquement baptisé Bpifrance Entreprises 2 (BE2), il s’agit d’un fonds de capital-investissement (private equity) composé de 126 fonds, dont 2 gérés en direct par BPI France. Soit au total un portefeuille de plus de 1 500 entreprises non cotées et réparties à 69 % en France et pour le reste en Europe et ailleurs dans le monde. Les secteurs vont de la technologie aux services financiers en passant par l’industrie, l’énergie, l’éducation…

Il est ouvert aux épargnants particuliers à partir d’aujourd’hui soit en souscrivant directement en ligne via la plateforme Fonds-bpifrance.123-im, soit en passant par un contrat d’assurance vie (UC) ou l’épargne retraite (PER) des assureurs partenaires. Par rapport à la première version, le ticket d’entrée est abaissé à 3 000 euros et il n’est pas possible d’investir plus de 50 000 euros . La souscription est ouverte jusqu’au 31 décembre 2022 (ou dès que le montant visé de 100 millions d’euros est atteint). L’année dernière, la collecte (95 millions) avait fait le plein avec trois mois d’avance par rapport à la date prévue de clôture de la souscription.

Combien ça rapporte ?

Le rendement annuel promis est de 5 à 7 % net de frais (3,28 % au max), avec possibilité de distribution potentielle dès la première année. L’autre intérêt réside dans l’avantage fiscal en cas de souscription en direct et de conservation des parts durant au moins cinq ans : exonération d’impôt sur le revenu pour les plus-values, seuls les prélèvements sociaux restants dus (parts A1). Pour la souscription via une enveloppe (PEA-PME ou assurance vie), c’est la fiscalité de cette dernière qui s’applique.

Faut-il souscrire ?

Il s’agit d’un placement risqué comme tout fonds de capital-investissement (pas de garantie du capital). 40 % du portefeuille est ainsi dédié à du capital innovation (« jeunes » sociétés à fort potentiel). L’épargnant peut donc perdre sa mise en totalité ou partiellement sans possibilité de recours contre BPI France.

Pour autant, l’investissement se fait sur un portefeuille très diversifié, mature (il a été constitué entre 2009 et 2017) et avec la caution BPI France. Le montant minimal de souscription est aussi limité (la moitié des souscripteurs de la première version avait restreint leur mise au seul montant minimal de souscription, soit 5 000 euros).

Attention, les fonds seront bloqués pendant toute la durée de vie du FCPR, soit six ans à compter de la date de lancement (une prolongation d’un an est possible). Seuls quelques cas de déblocage anticipé sont prévus pour les porteurs de parts A et B2 (licenciement, décès ou invalidité). Avant d’investir, il faut consulter les différents documents d’information et ne placer que les sommes dont on n’a pas besoin.

Reste à savoir si cette nouvelle mouture rencontrera le même succès que la précédente. Selon BPI France, plus de 20 millions d’euros avaient été collectés en direct via la plateforme avec trois quarts des épargnants qui réalisaient leur premier investissement en capital-risque  (âge moyen : 49 ans). Mais l’engouement de ces petits porteurs était peut-être motivé par l’envie de soutenir des entreprises 100 % françaises. A suivre !