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« L’an passé, 4,3 millions d’euros ont été reversés à des associations grâce à l’épargne solidaire »

L’association FAIR (ex-Finansol) vient de publier la 20ème édition de son baromètre sur la finance solidaire. L’occasion de revenir en détail sur les chiffres de cette forme d’épargne qui séduit de plus en plus avec Jon Sallé, le responsable de l’observatoire de la finance à impact social au sein de FAIR.

Jon Sallé, responsable de l’observatoire de la finance à impact social au sein de l’association FAIR

La finance solidaire a-t-elle continué à croître en 2021 ?

Jon Sallé : La finance solidaire a connu, une nouvelle fois, une année record en 2021. Ses encours ont atteint 24,5 milliards d’euros, selon notre baromètre réalisé chaque année depuis vingt ans en partenariat avec La Croix. En un an, cela représente une augmentation de 26% pour tous les produits d’épargne ayant obtenu le label Finansol ou correspondant à nos critères de labellisation.

Les placements solidaires ont certes bénéficié d’une année porteuse en Bourse. Mais la collecte a aussi été au rendez-vous. Les livrets bancaires solidaires ont continué d’attirer les épargnants. Celui de la Nef ou le Livret Agir du Crédit Coopératif ont enregistré respectivement 180 millions et 120 millions d’euros de collecte l’an passé. Leurs efforts de promotion tout comme le contexte d’épargne toujours forcée lié à la pandémie ont été porteurs. La dynamique a aussi été bonne du côté des fonds communs de partage, notamment grâce l’apparition de produits nouveaux.

Le nombre de produits labellisés a-t-il beaucoup augmenté ?

Jon Sallé : Au total, le label Finansol recense actuellement 178 produits, contre 166 l’an passé. Nous avons eu de nouvelles demandes pour des unités de comptes solidaires. Cela s’explique par l’obligation depuis janvier 2022 pour les assureurs de proposer au moins une unité de compte solidaire dans leurs contrats d’assurance vie. Nous avons par exemple labélisé un fonds immobilier de Novaxia (Novaxia R) qui lutte contre l’artificialisation des sols en transformant des bureaux en logements. Nous avons aussi labellisé le fonds Sycomore Inclusive Jobs qui investit dans des entreprises européennes créatrices d’emplois.

Au total nous avons délivré 17 nouveaux labels et destitué 7 qui ne respectaient plus nos critères de commercialisation, de transparence, d’engagement (en matière de gestion ISR notamment) ou de solidarité. Certains fonds solidaires sont construits avec un mécanisme de partage en lien généralement avec les performances financières.  Les épargnants peuvent transférer de 25 à 100% de leurs gains. L’an passé, 4,3 millions d’euros ont été reversés à des associations grâce à l’épargne solidaire. Une épargne qui a soutenu majoritairement des associations dédiées au logement, à l’insertion professionnelle…

Quelles seraient vos recommandations à un épargnant souhaitant investir de manière plus responsable et solidaire ?

Jon Sallé : Au préalable, il peut déjà faire un état des lieux de son épargne grâce à l’application Rift. Cette dernière permet de rapidement prendre conscience de l’impact social et environnemental des sommes placées sur une assurance vie ou même laissées sur un livret ou un compte bancaire. Il ne faut pas oublier que les banques françaises financent encore largement les infrastructures énergétiques traditionnelles. Pour investir de manière plus solidaire, un particulier peut dans un premier temps privilégier une banque mutualiste plutôt qu’une banque traditionnelle. Elle aura tendance à davantage financer l’économie réelle.

Ensuite, il ne faut pas hésiter à investir dans des produits solidaires. Ils ne représentent aujourd’hui que 0,42% du patrimoine des Français. Mais tous les établissements financiers en possèdent même s’ils ne sont pas forcément mis en avant. Si un épargnant dispose d’épargne salariale, il peut très simplement choisir des FCPE solidaires. De même, il est désormais plus facile de faire des dons via son livret A ou LDSS. Enfin pour les personnes plus militantes, c’est possible de financer directement l’économie sociale et solidaire en investissant par exemple dans des plateformes de crowdfunding (comme Lita) ou même en direct auprès de certains acteurs, de type foncières solidaires par exemple. Il s’agit de placements plus risqués mais qui ont un impact fort en plus d’offrir, très souvent, un avantage fiscal.