Se connecter S’abonner

Pouvoir d’achat : cinq conseils pour protéger votre épargne

La résurgence de l’inflation placent les marchés financiers sous tension. Alors que le ralentissement escompté se mue vers une récession, nombre de placements voient leurs performances s’effriter, tandis que les frais et commissions ne baissent pas, réduisant d’autant le pouvoir d’achat de votre épargne. Mieux Vivre Votre Argent vous délivre cinq conseils pour protéger le plus possible votre épargne.

épargne salariale

Conseil numéro 1 : attention aux frais trop élevés… Qui viendront amputer les rendements

Qu’il s’agisse des frais d’entrée ou de souscription, des frais de gestion, de transaction, leur addition peut vite diviser par deux la performance de vos placements. Un rapport de la commission des finances du Sénat a calculé qu’ils s’élevaient en moyenne à 54 % de la performance globale d’un fond en actions. La palme revient aux SCPI qui imposent des frais d’entrée de 7 à 12 %, perçus lors de la revente des parts, sans compter des frais de gestion de 12 à 18 %. Sans oublier les frais de réalisation des travaux pour entretenir les actifs immobiliers.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) et le législateur ont décidé de réduire ces charges d’ici 2026 pour les OPCVM et les fonds d’investissement alternatifs (FIA), mais les fonds immobiliers ne sont pas concernés ! En attendant, trois conseils vous permettront d’alléger la « douloureuse ». D’abord, privilégiez les courtiers ou gérants en ligne, habitués à casser les prix. Ensuite, n’hésitez pas à négocier avec votre distributeur ou intermédiaire financier pour obtenir des conditions moins onéreuses. Et fuyez les produits aux frais précompte prélevés en une seule fois à l’entrée.

Conseil numéro 2 : allégez votre imposition

Utilisez le levier de la défiscalisation, ce n’est pas réservé qu’aux très riches ! Avec plus de 470 niches fiscales recensées l’an dernier, le contribuable lambda peut lui aussi en profiter aussi bien en piochant dans celles qui imposent un plafond de 10.000 euros par an que dans les autres. Parmi les moins connues, mentionnons l’abonnement à un titre de presse (déductible de 30 % de son montant). Ainsi que la déduction des cotisations syndicales (déductibles à hauteur de 66 % de leur montant, plafonné à 1 % de vos revenus), l’achat d’équipements pour l’habitation d’un proche dépendant, les primes d’une assurance loyers impayés (déductibles de 38 % de leur montant). Enfin, si l’âge de départ à la retraite se profile, ne négligez pas le rachat de trimestres. Les sommes allouées à ces rachats seront déduites de votre revenu brut imposable. Et réduiront d’autant la décote de votre future pension.

Conseil numéro 3 : assurez-vous de la liquidité de vos placements

Le conseil vaut autant pour un placement direct en actions ou obligations que pour des placements collectifs : rien n’est pire qu’une absence de contrepartie qui empêche toute cession de parts, actions, etc.. Ainsi, certaines parts de FCP ou de SCPI ne se négocient qu’une fois par mois, voire par trimestre. Bien sûr, les retraits anticipés sont possibles. Mais au prix de frais parfois importants et avec le risque de fortes moins values, voire de la perte d’un avantage fiscal, puisque certains placements ne garantissent le capital investi qu’à l’issue d’une période minimum de détention.

Davantage, les actifs les plus sûrs, au détriment de leur performance, demeurent souvent les moins liquides. Sur les marchés actions, les compartiments des moyennes et petites capitalisations n’offrent pas de volumes quotidiens d’échanges aussi élevés que sur le Cac 40 ou le SBF 120. De même, nombre de fonds conseillent un horizon de placement minimum, en moyenne d’au moins huit ans. Ce qui, in fine, amoindrit l’impact de la somme des frais dont ils sont grevés, et, permet de mettre en place une vraie gestion de conviction.

Conseil numéro 4 : si vous le pouvez, allégez le poids du crédit immobilier

Et si vous renégociiez l’assurance de votre emprunt immobilier ? D’abord parce que la loi vous permet (enfin) de la résilier à tout moment pour en souscrire une autre, moins chère. De nombreux courtiers peuvent vous permettre de sauter le pas. Sans aller jusqu’à mettre cette menace à exécution, n’hésitez pas à ‘suggérer’ à votre conseiller que le contexte actuel de hausse des taux directeurs pourrait entraîner le package qu’il vous a vendu au-dessus du taux d’usure, remonté le 1er juillet de quinze points de base, entre 2,55 et 2,63 % en fonction de la durée de votre emprunt immobilier.

Conseil numéro 5 : cryptomonnaies, il est urgent d’attendre

Le Bitcoin (BTC), qui a plongé récemment sous les 20.000 dollars, est de nouveau remonté autour des 22.000 dollars. Cependant, l’évolution de la crypto star demeure incertaine, dans le sillage de la liquidation d’un Hedge Fund et les difficultés de la plateforme Celsius Network.

Lancées en pleine crise financière comme un moyen de paiement extérieur au système financier, les cryptos reflètent ses soubresauts : ils se portent à merveille avec une croissance en pleine forme et s’étiolent quand elle s’essouffle. Les probabilités d’une récession ne cessant de croître, la côte de ces monnaies électroniques ne remontera pas avant quelques mois. Et au prix d’une purge sévère dans leurs rangs. Les plus intrépides pourront allouer une infime partie de leurs actifs aux stablecoins, attachés à une monnaie fiduciaire.