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Vers une baisse de l’épargne face à l’inflation

Malgré la crise économique, les Français restent prudents quant à l’épargne. Ils se méfient des placements à risques et attendent les futurs arbitrages.

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Crédits: iStock

Les crises économiques favorisent habituellement l’épargne. La crise de la Covid-19 avait poussé de nombreux Français à mettre de l’argent de côté. Notamment parce que la pandémie et les confinements limitaient les possibilités de dépenser ce pécule. À cela s’ajoute désormais l’inflation galopante, principalement due à la guerre en Ukraine et à la crise énergétique. La Banque de France n’anticipe donc pas un retour du taux d’épargne à la normale avant 2024. Mais des signes d’un désintéressement des ménages se font déjà sentir, relève Meilleurtaux.com.

L’épargne face à la méfiance


Face à la hausse des prix, de nombreux produits financiers ont vu leur niveau de rémunération augmenter significativement. C’est notamment le cas du Livret A, dont le taux a doublé à 2% en août. Le Livret d’épargne populaire a de son côté atteint 4,6% et pourrait encore augmenter dans les mois à venir. Le Plan épargne retraite (PER) apparaît également assez attractif. Cela ne semble cependant pas suffire à convaincre une partie des ménages français.

D’une part, le niveau de l’inflation, de plus de 6% sur un an en juillet, ne peut être compensé que par des placements plus risqués. Or, les Français conservent une certaine aversion envers ces produits. Ils ont également adopté une posture assez attentiste. Plusieurs arbitrages importants, notamment sur l’évolution des taux d’intérêt, doivent encore avoir lieu. Enfin, certains parmi les plus modestes ont déjà été contraints de puiser dans leurs réserves. Par conséquent, selon le baromètre du groupe BPCE, les ménages devraient mettre de côté moins de 90 milliards d’euros en 2022, contre 111 milliards en 2021 et 127 milliards en 2020.

La baisse devrait s’accentuer en 2023. Le taux d’épargne reste cependant pour l’instant supérieur à celui d’avant la pandémie, ave 16,2% contre 14% en 2019. Il est notamment porté par les ménages aisés qui souhaitent préparer leur retraite.