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Investissement responsable : les Français intéressés mais encore sceptiques 

Selon une enquête Ifop pour Le Forum pour l’investissement responsable, les Français sont très intéressés par ces placements, mais mal renseignés et doutent de leur efficacité.

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Le Forum pour l’investissement responsable (FIR) a publié lundi 26 septembre son 13e baromètre annuel sur l’intérêt des Français en matière d’investissement responsable. Réalisée par l’Ifop, l’enquête confirme l’intérêt des sondés pour ce type de placements. Elle pointe également le fait qu’ils attendent des preuves de l’impact réel de leur investissement. Six Français sur dix déclarent ainsi accorder une place « importante » à « très importante » aux impacts environnementaux et sociaux dans leur décision de placement. Une position davantage présente chez les moins de 35 ans.

L’investissement responsable rarement proposé

Après un été marqué par des événements climatiques majeurs (tempêtes, sécheresse, canicules, incendies…) la pollution arrive dans les premières préoccupations, avec les droits humains (76%), juste devant le changement climatique et le bien-être au travail (74%). Paradoxalement, malgré cet intérêt, de tels produits restent encore peu connus par les investisseurs potentiels. Selon l’étude, seuls 6% des Français ont déjà investi dans un fonds d’Investissement socialement responsable (ISR), 7% parmi ceux qui possèdent déjà un produit d’épargne. Ils sont à peu près autant à s’en être vu proposer un par leur conseiller et 65% des sondés n’en ont jamais entendu parler. Pourtant, près d’un quart des personnes interrogées affirment que si leur conseiller bancaire leur en proposait un, ils seraient prêts à investir. Cet interlocuteur est d’ailleurs largement perçu comme le mieux placé pour aiguiller ce choix, par deux tiers des sondés.

Reste à convaincre les Français du réel impact de ces produits. Seuls 45% d’entre eux jugent qu’orienter son épargne vers des ISR aurait un réel impact sur la société et l’environnement. Ils doutent de l’efficacité de ces produits, 61% jugeant qu’ils ont un impact « neutre ». « Face aux urgences environnementales, sociales, il est essentiel que les réseaux bancaires et assurantiels se mobilisent davantage pour proposer des produits responsables plus exigeants conformément aux attentes des épargnants. Il faut aussi que le label ISR, en cours de consultation, soit doté de critères beaucoup plus discriminants et tournés vers l’impact », en déduit Nathalie Lhayani, présidente du FIR.