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Le private equity encore trop méconnu des investisseurs particuliers

Bpifrance dévoile son baromètre sur la perception par les particuliers de l’investissement dans les entreprises non cotées. La banque publique d’investissement évoque quelques pistes pour augmenter l’appétence des investisseurs pour le private equity.

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Crédit: iStock.

Si l’univers du capital investissement – ou « private equity » – s’ouvre progressivement aux investisseurs, ces derniers connaissent encore mal ce secteur. C’est ce qui résulte du nouveau baromètre OpinionWay pour Bpifrance, réalisé auprès de plus 1 000 personnes représentatives de la catégorie CSP+ en France*, selon lequel 80 % des personnes interrogées ont une méconnaissance de l’investissement dans les entreprises non cotées.
 
« Initialement réservé à des investisseurs professionnels, ce type d’investissement reste encore méconnu et peu accessible par le grand public, et ce, malgré de récentes initiatives portées par des acteurs privés et institutionnels », observe Bpifrance. Après le franc succès de son premier coup d’essai, en 2020, la banque publique d’investissement a lancé l’an dernier son deuxième fonds à destination du grand public, BE2.

Une minorité d’investisseurs se sont lancés

Si la cible visée, les CSP+, jugent pour les deux tiers d’entre eux leur situation financière confortable et se déclarent autonomes dans la gestion de leur patrimoine financier, un tiers seulement manifestent leur intention de réaliser un placement financier dans les douze prochains mois. Ainsi, à ce jour seuls 7% des CSP+ ont déjà investi dans des entreprises non cotées et 81% d’entre eux « ont la nette intention d’y réinvestir ». De même, 74% des particuliers interrogés plébiscitent « le caractère concret de leur investissement dans l’économie réelle, comme le principal atout de cette classe d’actifs ».

« Perception erronée » du rendement

Premier frein au déploiement du private equity auprès des particuliers : la « perception erronée du rendement par rapport à l’historique de performances constatées depuis 15 ans ». Ainsi, 84% des personnes interrogées identifient le risque de perte en capital comme le principal inconvénient de l’investissement au capital des entreprises non cotées. Par ailleurs, en termes d’attente, le panel interrogé recherche un rendement médian de 6,5% annuel et est prêt à accepter un risque limité de perte en capital – de près de 10%.

Second frein : le ticket d’entrée, jugé trop élevé. Alors que la moitié des particuliers disposent d’un patrimoine financier inférieur à 25.000 euros et de liquidités disponibles inférieures à 10.000 euros, « près de la moitié des personnes interrogées souhaiterait un ticket d’entrée à 1.000 euros ». Pour le fonds BE2, compter 3.000 euros minimum. « L’abaissement du montant minimum investi permettrait d’augmenter le nombre d’investisseurs potentiels », conclut l’étude.

*Enquête réalisée en ligne entre le 28 juin et le 18 juillet 2022.