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« Dans un contexte d’incertitude des marchés, le non coté tire son épingle du jeu »

Par Alexandre Laing, cofondateur de Tudigo.

Alexandre Laing, cofondateur de Tudigo.

La nouvelle année démarre dans un contexte général d’incertitude économique et financière, tandis que les experts anticipent une récession. Les marchés affichent des résultats 2022 et prévisions d’évolution 2023 faibles ou négatives. Actualités géopolitiques (Ukraine, Covid), scandales (FTX) alimentent la volatilité des marchés boursiers (-10% sur un an mais des creux à -25%) et cryptos (-60% sur un an) à un tel point que les investisseurs les plus spéculatifs n’arrivent plus à s’y retrouver et s’en détournent, alimentant cette spirale.

Peut-on vraiment parler de marchés liquides lorsque les positions court terme sont synonymes de pertes massives ? Faut-il alors parier long terme ? Le CAC 40 affiche un rendement annuel moyen de l’ordre de 5% soit à peine plus du double du Livret A et moins que l’immobilier qui a l’avantage de bénéficier de leviers d’endettement bancaire permettant de maximiser le TRI du capital investi.

Et s’il était temps de s’intéresser au non coté ?

On ne s’en doute pas mais les en cours et les flux nets de non cotés sont déjà plus de 3 fois supérieurs à ceux du côté (Source : Epargne des ménage, Banque de France). Du point de vue des performances, le capital risque a réalisé un rendement annuel moyen sur ans de près de 25% (Source : Etude McKinsey) soit 5 fois le CAC 40. Selon une étude réalisée par France Invest et EY, les titres non cotés, dont le capital risque fait partie, ont enregistré une performance moyenne de 32,2% en 2021. Cette performance exceptionnelle vient renforcer les résultats positifs à long terme de cette classe d’actifs, avec un rendement annuel moyen de 12,2% sur les 15 dernières années et de 14,5% sur les 10 dernières années.

Cela s’explique notamment par le fait que les entreprises non cotées sont généralement en phase de croissance et peuvent donc offrir des taux de rentabilité plus élevés que les entreprises cotées, qui sont souvent mures et ont atteint un stade de croissance moins rapide.

A la différence des cryptomonnaies, l’investissement dans des entreprises non cotées présente un sous-jacent économique réel donc ne peut être réduit à zéro qu’en cas de faillite de la société. Quel est ce risque de faillite ? En 2021, la pérennité à 5 ans des entreprises (hors sociétés individuelles) était de 67%. Ce taux montait même à 81% pour les entreprises ayant passé les 3 ans.(Source : Insee).

Ouverture au grand public

L’investissement non coté jusque-là réservé à des institutionnels (fonds d’investissement, assureurs, BPI) ou aux élites (c’est l’une des classes d’actifs préférées des clients de la banque privée Edmond de Rothschild), s’est progressivement ouvert au grand public par le biais des plateformes d’investissement participatif (crowdfunding) qui se sont développées depuis la création d’une réglementation et d’un statut favorable (CIP) par l’Autorité des marchés (AMF) en 2015.
Sur les plateformes, on trouve à la fois des investissements en actions au capital de startups et entreprises en croissance, et des investissements en obligations dans des PME plus matures ou projets portés par des promoteurs immobiliers ou en énergie renouvelable.

L’investissement en action offre à l’investisseur la possibilité de défiscaliser (25% du montant investi en réduction d’impôt) et de participer à une aventure entrepreneuriale qui a du sens et avec des perspectives de croissance et de plus value importante.
L’investissement en obligations offre à l’investisseur un placement court terme (12 à 36 mois en moyenne) avec des rendements compris entre 8 et 12% et un taux de défaut maîtrisé (inférieur à 0.2% depuis 2015 en crowdfunding immobilier).
Attention toutefois aux nombreuses initiatives privées et non régulées qui émergent (tels que les clubs privés) et qui ne sont pas soumises aux règles de diligence et de transparence imposées par l’AMF aux plateformes agréées CIP.

Quelle que soit la stratégie adoptée, la clé reste de diversifier et de comprendre où on met les pieds. La diversification est l’une des clés pour réussir en matière d’investissement. L’idée est de répartir son portefeuille d’investissement sur plusieurs actifs différents, plusieurs secteurs différents, plusieurs géographies même, afin de réduire le risque de perte en cas de chute de l’un d’entre eux.
Il reste important de se rappeler que la diversification ne garantit pas la réussite de tous les investissements et qu’il est essentiel de bien comprendre les actifs dans lesquels on investit avant de se lancer.