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Marché de l’art : les grands salons s’adaptent au Covid-19

La Biennale Paris, annulée pour cause de coronavirus, a organisé avec l’aide de Christie’s une vente en ligne d’objets d’art proposés par des galéristes. Une initiative parmi tant d’autres pour redynamiser un marché en sommeil.

Si, dans le contexte de la pandémie, les ventes aux enchères se déroulent plutôt bien, les commissaires priseurs ayant depuis longtemps pour habitude d’adjuger les lots présentés par téléphone ou Internet, les galeries, en revanche, accusent une importante baisse d’activité.

En effet, elles réalisaient jusqu’à présent l’essentiel de leur chiffre d’affaires dans les salons organisés à travers le monde d’année en année. Or, la quasi-totalité des grandes manifestations sont annulées ou reportées. C’est le cas de la Fiac et d’Art Elysées de Paris, de la Brafa de Bruxelles… D’autres, comme la Tefaf de Maastricht, sont reportées de mars à mai-juin 2021, leurs responsables annonçant qu’elles seront maintenues sans qu’on puisse évidemment en avoir la certitude. Sans parler des salons de province et des brocantes qui subissent le même sort.

Vente en ligne avec 42 marchands couvrant toutes les époques

C’est pourquoi l’initiative de la Biennale Paris est intéressante. Renonçant au Grand Palais, son lieu habituel, ses organisateurs ont monté avec Christie’s une vente en ligne lors de laquelle 42 marchands couvrant toutes les époques proposaient 90 objets d’art et antiquités, bien loin des centaines présentées dans ses éditions précédentes sous la verrière du monument de l’avenue des Champs-Elysées. Les œuvres étaient exposées dans les galeries et dans les locaux de la maison de ventes. Un e-catalogue a même été diffusé. Ainsi, 60000 visiteurs ont parcouru l’exposition en ligne tout au long des deux semaines qu’elle a duré, du 24 septembre au 8 octobre. Si les amateurs se sont montrés curieux, en revanche, les ventes n’ont pas été à la hauteur. Seul un quart des lots a trouvé preneur. On peut cependant considérer que de nombreux acquéreurs potentiels ont préféré ne pas enchérir et attendre la fin de la vente pour prendre contact directement avec les galeries afin de négocier discrètement le prix de l’objet convoité.

La Biennale Paris n’est pas la seule à avoir bousculé ses habitudes. A Londres, les foires d’art Frieze et Frieze Masters proposent des viewing rooms, catalogues des œuvres vendues par les galeries qui participent normalement à ces prestigieuses manifestations. On y trouve un descriptif des pièces et de nombreux prix sont affichés, ce qui n’est pas courant chez les marchands. A l’avenir, les grands salons continueront certainement à proposer cette alternative « online » qui séduit les acheteurs les plus jeunes. Mais, comme le soulignait Georges de Jonckheere, président de la Biennale Paris, lors d’un colloque chez Christie’s sur le thème « Être marchand d’art aujourd’hui », rien ne vaut le contact entre le galeriste et le collectionneur, et rien ne remplace la « découverte physique » de l’objet désiré.