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Art : la Brafa de Bruxelles, une nouvelle façon d’exposer

La grande manifestation belge s’est délocalisée dans les galeries de quatorze pays et a renforcé sa présentation digitale. Le succès a été au rendez-vous de la Brafa 2021.

Brafa
Crédit: iStock.

Traditionnellement, à la fin de janvier, amateurs et collectionneurs se donnent rendez-vous à Bruxelles pour la Brafa (Brussels Art Fair), le premier grand salon d’antiquaires et de galeristes d’art de l’année. Il attire entre 50 000 et 60 000 visiteurs et les ventes vont bon train. Pour 2021, compte tenu du Covid-19, il n’était évidemment pas question de maintenir cette manifestation. Béatrix Bourdon et Harold t’Kint de Roodenbeke, ses organisateurs, ont alors eu l’idée de « travailler avec un public plutôt local en se focalisant sur des parcours par villes ».

Plus de 50 000 invitations envoyées

La Brafa s’est ainsi démultipliée, quittant le grand espace bruxellois de Tour & Taxis, pour investir les galeries participantes. Du 27 au 31 janvier, les 129 exposants inscrits à l’édition 2021 ont accueilli dans leurs locaux les amateurs et leurs confrères. Le salon s’est déroulé dans quatorze pays et 38 villes à travers le monde. Sur le site de la Brafa, les plans des villes concentrant un nombre important de galeries étaient téléchargeables, notamment Bruxelles, Londres, Milan et Paris ; dans la capitale française, 35 galeristes étaient de la partie. Parallèlement, chaque professionnel pouvait présenter neuf pièces en ligne. Enfin, des vidéos étaient diffusées sur le site Internet du salon et sur les réseaux sociaux. Tout comme si le salon se tenait physiquement à Tour & Taxis, plus de 50 000 invitations ont été envoyées.

Une réussite

A la différence des autres grandes manifestations qui avaient, sans grand succès, parié sur le tout-digital, cette organisation mélangeant expositions classiques dans le respect des règles de distanciation et présentations sur le Web a rencontré son public, heureux de retrouver le plaisir de l’accrochage, des échanges et des conversations. Même si, concède le galeriste belge Jan Muller, installé à Gand, « aucune alternative ne peut remplacer l’impact et l’énergie d’une foire physique », les ventes ont été nombreuses et certaines, d’un montant élevé, tel ce Bouddha Gandhara vendu par Christophe Hioco
à un particulier, « pour un montant à six chiffres ». Didier Claes cédait plusieurs paires de statuettes jumelles du peuple Yoruba (Nigeria), et Artimo Fine Arts, une quinzaine de sculptures de 10 000 à 90 000 euros, dont un rare bronze, Le Trésor caché, de l’artiste belge Charles Van der Stappen.

Une telle réussite réconforte un marché malmené par la pandémie et permet à Harold t’Kint de Roodenbeke de considérer cette « opération comme un formidable exercice créatif permettant à la Brafa de conserver le contact avec ses clients sans céder au tout-digital ». A l’avenir, une fois la crise sanitaire passée, on peut penser que toutes les grandes manifestations mêleront habilement salon physique et riche offre sur Internet afin de séduire un large public.