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Picasso, un artiste hors de prix encore abordable

Si les tableaux de l’auteur de Guernica atteignent des millions d’euros, ses céramiques et ses estampes demeurent accessibles à des budgets plus limités. Il est toujours temps de s’y intéresser.

Certes, les artistes contemporains se vendent à des prix élevés, mais Pablo Picasso reste le leader incontesté des enchères. En 2020, selon les statistiques d’Artprice, elles ont totalisé 245,5 millions de dollars pour environ 3 400 de ses œuvres vendues. Ses tableaux s’arrachent à coup de millions d’euros, certains d’entre eux atteignant plusieurs dizaines de millions. Les amateurs non milliardaires désespèrent et, pourtant, il est possible d’acheter des créations de l’artiste espagnol sans se ruiner. Encore accessibles aujourd’hui, leurs valeurs ne cesseront pas de grimper. Il faut s’intéresser à deux supports que Picasso a utilisés avec le génie qu’on lui connaît : la céramique et l’estampe.

Des céramiques d’après-guerre

C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que Picasso commence à produire des céramiques dans les ateliers Madoura, à Vallauris (Alpes-
Maritimes). Pendant vingt-cinq ans, il va concevoir plus de 3 500 modèles colorés les plus divers : pichets et vases en forme d’animaux (hiboux, oiseaux des champs, canards), de faunes, de têtes de femmes, plats et assiettes à motifs de poissons, de scènes de tauromachie… Longtemps délaissées, ces faïences ont été redécouvertes par les collectionneurs et les prix ont doublé en vingt ans. On ne peut pas parler de spéculation mais d’une augmentation régulière qui s’explique par une demande dans le monde entier.

Petite Chouette, faïence d’une édition de 200, 1949, vendue 10 710 £ chez Sotheby’s.
Cruchon Hibou, faïence d’une édition de 500, 1955, vendue 11 340 £ par Sotheby’s.
Tête de femme couronnée de fleurs, faïence 74/100, 1954, vendue 21 420 £ par Sotheby’s.

Si un hibou gris, pièce unique de 1953, s’est vendu 2,4 millions de dollars en novembre 2018 chez Christie’s, ce montant reste une exception. De très jolies œuvres s’échangent entre 4 000 et 50 000 euros. Pour les trouver, il faut suivre les agendas des ventes publiés par La Gazette Drouot et, surtout, les ventes en ligne consacrées exclusivement aux céramiques de Picasso chez Christie’s et Sotheby’s.

Plus de 2 500 pièces

Pour Picasso, l’estampe était un moyen d’expression sans limite. C’est la raison pour laquelle il a réalisé plus de 2 500 pièces, employant une multitude de techniques (eau-forte, linogravure, pointe sèche, lithographie…). La pierre angulaire de cette production est la Suite Vollard créée dans les années 30 pour le marchand Ambroise Vollard. L’ensemble complet des cent gravures de cette série a été adjugé 1,9 million d’euros en 2017, à Paris, chez Ader-Nordmann. Mais là encore, ce chiffre n’est pas représentatif de ce que l’amateur doit investir pour acquérir une estampe du maître. Dans les salles de ventes et les galeries, de belles épreuves aux sujets variés sont cédées à partir de 2 000 euros et les pièces d’une qualité exceptionnelle se négocient entre 15 000 et 50 000 euros.

La Répétition,
21-26 février 1954, lithographie sur vélin d’Arches, vendue 4 030 euros, Tajan,
27 octobre 2020. Copyright : Tajan