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Investissez dans les montres de plongée !

L’été approchant, les montres de plongée sont de saison pour accompagner les sorties en mer ou sous-marines. Ou simplement pour le plaisir. Dans certains cas, elles peuvent aussi se révéler un placement intéressant. Encore faut-il faire les bons choix. Notre sélection.

L’investissement sûr est rarement celui qui touche le fond. Telle est pourtant la mission des montres de plongée. Ces garde-temps, toujours techniques, parfois précieux, peuvent s’aventurer là où même le soleil se refuse à aller. Choisir la bonne montre de plongée est un exercice relativement simple. Si la pièce est vendue comme une plongeuse certifiée, c’est qu’elle répond à une norme commune à toutes ces montres, dite NIHS 92-11 (ISO 6425). Elle affiche plusieurs caractéristiques qui peuvent aller au-delà de la stricte étanchéité : luminosité, résistance aux chocs (ISO 1413), aux champs magnétiques (ISO 764), solidité du bracelet. Mais, pour repérer les montres de plongée qui vont prendre de la valeur, il faut dépasser la technique et sonder d’autres terrains : réputation, rareté, historique.

Toujours et encore Rolex

La première est déterminante dans la cote dont peut se prévaloir une montre. Toutes les analyses convergent : Rolex, Patek Philippe et Audemars Piguet caracolent en tête des ventes sur le marché d’occasion, voire des enchères de prestige. Leur réputation n’est plus à faire. Attention toutefois : seule Rolex possède une expertise séculaire en montres de plongée. La marque à la couronne a investi la montre étanche – aïeule de celle de plongée – dès 1926. Depuis, les Oyster Perpetual ont accompagné tous les plongeurs professionnels et amateurs. La Submariner est incontournable, la Sea-Dweller est un peu plus rare, la Deepsea D-Blue l’est davantage encore, en raison justement de son orientation professionnelle (étanche jusqu’à 3 900 m).

Certaines Panerai valent le détour

Hors ce trio de tête, une marque sort du lot : Panerai. Dès la fin des années 30, la firme italienne produit des Radiomir pour ses nageurs de combat. Cette référence est toujours au catalogue, mais a été complétée par le modèle Submersible qui en poursuit la légende. Notre conseil pour acquérir une pièce autant qu’un bon placement : un modèle à mouvement 100% manufacture, dans les codes traditionnels Panerai et en série limitée. La PAM1074 en est le parfait exemple, avec seulement 1 000 pièces et une boîte en bronze, un métal qui fait actuellement fureur et qui rappelle l’accastillage marin, renforçant sa cohérence maritime.

Attention aux pièces historiques mais méconnues

Les années suivantes, de 1955 à 1975, sont celles de la démocratisation de la montre de plongée avec notamment la médiatisation du commandant Jacques-Yves Cousteau. Les maisons horlogères spécialisées ont fleuri dans la foulée : Auriscoste, Triton, Doxa, parmi d’autres maisons d’horlogerie traditionnelle qui ont également investi ce segment, comme Eberhard & Co ou Vulcain.

Rareté et histoire sont donc bien présentes, mais la réputation ne suit pas toujours, principalement en raison non pas d’un problème de qualité mais de notoriété. Traduction : des pièces historiques, légitimes, pionnières, mais méconnues et réservées à un public de niche. Une Eberhard Scafograf 300 récente se trouvera en occasion à 3 000 euros, un modèle d’époque à 5 500 euros, dans un état parfois… second. Sauf à se créer une collection à valeur historique davantage que patrimoniale, autant passer son chemin. Deux exceptions : Blancpain et Omega.

Pour la première, la Fifty Fathoms (« 50 brasses », sa profondeur record de l’époque !) est une pionnière introduite en 1953 et dont les exemplaires d’époque restent extrêmement convoités. Une réédition contemporaine (de type « No Rad ») se négociera, neuve, pour 13 000 euros. Un modèle d’époque dépasse allègrement les 40 000 euros, et sa cote progresse encore.

Pour la seconde, Omega, la Seamaster 300 suit les mêmes courbes, avec des modèles actuels vers 5 000 euros, et des modèles des années 60 (surtout de type « Military ») qui dépassent les 40 000 euros.

Des paris modernes

Reste les maisons qui bénéficient d’une légitimité certaine dans la montre de sport, mais dont les modèles de plongée peinent à décoller. Damnation éternelle ? Probablement pas. Les investisseurs avisés peuvent notamment parier sur la SuperOcean de Breitling. La manufacture a remis en avant ce modèle en version « Heritage ». Conséquence : les modèles d’époque ont fait l’objet d’un regain d’intérêt. Un modèle moderne s’achète neuf à 5 000 euros, son inspiratrice originelle des années 60 peut atteindre 15 000 euros.

Le même phénomène pourrait se retrouver sur la SeaQ de Glashütte Original, actuellement à 9 800 euros. Le modèle original, la Spezimatic type RP TS 200 de 1969, est quasiment impossible à trouver, mais la marque Glashütte Original fut extrêmement prolixe et quelques modèles approchants se trouvent à moins de 1 500 euros. 

Enfin, n’oublions pas que les légendes de demain s’écrivent dès aujourd’hui. Le pari des plongeuses du XXIe siècle relève de l’investissement à long terme mais permet de bénéficier, dès aujourd’hui, d’un modèle neuf doté d’une qualité et d’une précision qui peuvent faire défaut à des modèles âgés de soixante ans. Dans l’univers accessible, la nouvelle BR03-92 Diver Red Bronze de Bell & Ross est une tentation intéressante à 4 200 euros. A l’extrême opposé, il faudra débourser cinq fois plus pour acquérir une Diver X Skeleton signée Ulysse Nardin, mais c’est l’une des rarissimes plongeuses squelette du marché.