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Les peintres du Vietnam, des artistes qui ont la cote

Les artistes de l’école des Beaux-Arts d’Indochine sont très recherchés par les riches vietnamiens. Leurs œuvres se trouvent essentiellement en France et leurs propriétaires ont tout intérêt à les vendre.

Mai-Thu « Jeunes filles au miroir », encre et couleurs sur soie, 1943, vendu 231 250 euros. Copyright : Ivoire Toulouse, Jérôme de Colonges

En 1925, le gouvernement colonial français, sous l’impulsion des peintres Victor Tardieu (1870-1937) et Nguyen Nam Son (1890-1973), fonde l’Ecole des Beaux-Arts de l’Indochine à Hanoi dans le but de créer un nouveau style indochinois, synthèse entre l’art occidental et les traditions vietnamiennes. Certains de ses élèves se sont installés en France et ont été défendu par de grandes galeries avant de tomber dans l’oubli. Depuis une dizaine d’années, les amateurs redécouvrent leurs œuvres, reflets d’un Vietnam idéalisé, poétique et comme figé pour l’éternité. Les maisons de ventes consacrent des vacations entières à ces artistes et les prix explosent.

Les collectionneurs, essentiellement de riches vietnamiens, ne lésinent pas sur les moyens et s’arrachent les peintures sur soie des plus célèbres d’entre eux, Mai-Thu (1906-1980), Lê Phô (1907-2001) et Vu Cao Dam (1908-2000), certaines d’entre elles dépassant le million d’euros. Le 4 juin dernier une encre et gouache sur soie de Mai-Thu « Sur le balcon » représentant huit enfants sages partait à 537 660 euros alors que la maison de ventes Quai des Enchères en espérait 150 000 euros. Elle est actuellement exposée au musée des Ursulines à Mâcon (voir encadré). La production de ces artistes se trouvant dans les maisons bourgeoises de notre pays, les vendeurs sont tous français. Deux peintures de Vu Cao Dam, représentant deux jeunes Indochinoises se sont ainsi vendues 331 250 euros alors que leurs propriétaires pensaient qu’il s’agissait de posters provenant de leur grand-père ! Alors si vous détenez ces images de l’Indochine faites-les expertiser par des spécialistes comme Pierre Ansas d’Ansas et Papillon ou Charlotte Aguttes-Reynier de la société de ventes Aguttes. Vous aurez probablement de belles surprises !

Mai-Thu à Mâcon en 140 œuvres

Mai Trung Thu, dit Mai-Thu, s’installe à Mâcon en 1940 et y restera jusqu’en 1943. En partenariat avec le musée Cernuschi de Paris et la fille de l’artiste, le musée des Ursulines de la ville lui rend hommage et lui consacre une très belle exposition retraçant toute sa carrière, de ses débuts à l’Ecole des Beaux-Arts de l’Indochine à ses dernières peintures sur soie, portraits d’enfants et de femmes sereines et douces empreints de délicatesse. 140 œuvres provenant pour l’essentiel de collections privées sont exposées.

Musée des Ursulines de Mâcon, 5 rue de la Préfecture, « Mai-Thu, Echo d’un Vietnam rêvé » jusqu’au 26 octobre 2021, macon.fr.