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Placements : ces cartes fantasy des années 90 qui peuvent rapporter gros

Oubliées au fond de vos tiroirs, les cartes fantasy qui ont fait voyager l’imaginaire des ados des années 90 pourraient devenir un eldorado, selon Les Echos.

Cartes fantasy enchères
Crédit: iStock

Durant plus d’une décennie, elles ont été les stars de la cour de récréation. Véritables incarnations de la pop culture des années 90, les cartes fantasy continuent de faire rêver les petits et les grands. Certains, à l’image du jeune startupper marseillais Sami Chlagou, ont su flairer un filon qui pourrait s’avérer porteur, bien qu’atypique. Il a ainsi initié le projet de Cross The Ages, avec la volonté de transformer la passion d’une génération pour des cartes de collection et des jeux de rôles en un business équivalent au marché des cryptomonnaies, expliquent Les Echos.

Depuis ses neuf ans, ce trentenaire a rassemblé un bel album de cartes fantasy Magic : The Gathering. Comme Pokémon, Donjons et Dragons, ou Warhammer ce jeu réunit des millions de fans à travers le monde. Imaginé par le mathématicien Richard Garfield en 1993, il a connu un succès planétaire en raison du nombre important de ses protagonistes. Ces derniers sont plus de 20 000. Mais pas seulement. Car au-delà de la rythmique effrénée de ces jeux, leur popularité peut aussi se traduire par la complexité des règles, en perpétuelle évolution selon le stade de la partie.

Un jeu relativement compliqué

Récemment, deux chercheurs américains des universités de Géorgie et de Pennsylvanie ont comparé ce jeu issu de la culture fantasy à ceux de go et d’échec. Contrairement à Magic, ces jeux plus traditionnels ont des limites définies telles que la taille du plateau. Afin d’établir cette comparaison, les pouvoirs et propriétés de chaque carte ont été codés et soumis à un ordinateur. Pour gagner aux échecs, il est possible de déterminer une stratégie victorieuse. Avec Magic, c’est impossible, car le nombre d’hypothèses est trop important, explique la mathématicienne Stella Biderman à l’origine de cette expérience.

Afin de pouvoir y jouer, il suffit de se constituer une collection réunissant au moins 60 cartes. On peut se les procurer dans le commerce où elles sont vendues par paquet de 15. Parmi les 15 cartes du paquet, onze sont largement diffusées, trois le sont un peu moins et la dernière est encore plus rare et donne des pouvoirs supplémentaires. Cette quête est sans fin pour les 20 millions d’adeptes que compte le jeu fantasy. Et bien évidemment, ce sont les cartes les plus anciennes qui sont recherchées, parfois à prix d’or.

Une carte vendue 511 000 dollars

Nous pouvons par exemple nous souvenir de cette histoire extraordinaire qui s’est produite en janvier dernier. Une version très rare et dans un état excellent (avec une note dite PSA de 10) de la carte Black Lotus de la série Alpha du jeu, a été adjugée 511 000 dollars sur eBay. Il n’en existerait que sept exemplaires dans le monde. Dans le monde fantasy, trois cartes – entre autres – attendent leur cotation : Proposal, Splendid Genesis et Fraternal Exaltation, produites à un seul exemplaire chacune pour marquer trois moments phares de la vie de Richard Garfield : d’abord sa demande en mariage puis la naissance de ses deux filles.

Sortie en 1909 à moins de 200 exemplaires, la carte de baseball T206 Honus Wagner représentent l’ancien joueur des Ligues majeures a entamé le lancement de ce marché. Le 23 mai dernier, elle s’est en effet vendue pour la somme record de 3,751 millions de dollars. Selon un investisseur relayé par Les Echos, « la même folie guette les Magic ». Jonathan Medina est un collectionneur américain qui a lancé leur mouvement spéculatif en avril 2010. Dans ses longs posts, il raconte sa quête du « pack to power » vers la main idéale visée. Ainsi, il a pu troquer 98 fois des séries de cartes aux quatre coins de la planète, ce qui lui a permis de rassembler plusieurs des éditions épuisées qu’il ambitionnait, dont une Mox Pearl, l’une des neuf cartes extrêmement rares imprimées à la fin de l’année 1993.

Désormais, il s’agit d’une vraie niche et les échanges se sont professionnalisés. Ils s’exercent autour de places de marché comme MTGStocks, Cardmarket ou TCGPlayer. Pour l’instant, aucune autorité n’y régule les transactions. De facto, une loi de l’offre et de la demande alimentée par la nostalgie s’installe. Les ados des années 90 ont bien grandi et ont aujourd’hui la quarantaine. Aussi, ils gagnent suffisamment leur vie pour (enfin) pouvoir se permettre de s’offrir les cartes auxquelles ils rêvaient durant leur adolescence. En 2020, la plateforme eBay sur laquelle s’échange une grande partie des cartes fantasy à collectionner, toutes catégories confondues, a ainsi enregistré une croissance de 142 % des transactions en 2020 avec 4 millions de cartes supplémentaires vendues. Pokémon figure en tête de ce palmarès avec une progression record de 574 % des échanges en un an, suivi des cartes sportives de basketball et de baseball. Magic The Gathering figure en quatrième position.