Se connecter S’abonner

Faut-il investir dans le bitcoin ?

Alors que le bitcoin atteint des sommets depuis le milieu du mois de décembre, au prix d’une très forte volatilité, la cryptomonnaie cristallise de plus en plus d’intérêt auprès des investisseurs. Mais ce placement incite à la prudence.

bitcoin

Le bitcoin n’aura jamais été aussi haut ! Et si sa valeur a connu une petite correction depuis le 10 janvier, retombant sous la barre des 40.000 dollars, elle reste néanmoins très haute à ce jour : autour des 38.000 dollars. En comparaison, début octobre, il tournait autour des 10.000 dollars ! Cette forte hausse s’explique finalement assez simplement. « C’est un jeu classique de l’offre et de la demande. De moins en moins de bitcoins se créent, l’offre se réduit. À l’inverse, la demande a beaucoup augmenté, avec de grands institutionnels qui investissent depuis peu », détaille Jonathan Nowak, fondateur de la solution Fructify, lui-même investisseur depuis 2016, alors que le bitcoin ne valait que quelques centaines d’euros.

Et ces institutionnels ne se contentent pas de quelques milliers d’euros, comme le feraient des particuliers, mais injectent des dizaines de millions dedans. Plusieurs grands gestionnaires de fonds se sont ainsi lancés dans le bitcoin. Sans compter Paypal, aux États-Unis, qui propose désormais de payer via les cryptomonnaies. Signe de l’attrait fou de cette monnaie virtuelle : JP Morgan envisage un cours allant jusqu’à 146.000 dollars sur le long terme, dans l’hypothèse où la capitalisation du bitcoin se rapprocherait de celle de l’or, et évoque une « zone de consensus » entre 50 et 100.000 dollars. De quoi allécher les investisseurs !

Volatilité, spéculation…

Alors, faut-il se lancer ? Avant de débourser son argent pour s’offrir des cryptomonnaies, mieux vaut se renseigner sur leur fonctionnement. « Ce n’est pas un marché régulé, il n’y a pas de cours légal, pas de sous-jacent économique qui puisse déterminer sa valeur, comme une action d’entreprise, avertit Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants à l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le marché est volatil et spéculatif, avec une certaine opacité pour les néophytes, due à une complexité technologique ».

D’où la nécessité d’étudier la question en amont, avec attention. Yves-Laurent Kayan, fondateur de la société luxembourgeoise CoinPlus, se veut aussi prudent : « Un investisseur privé doit d’abord faire son éducation, être patient et surtout ne jamais placer l’argent dont il a besoin pour vivre ! Il ne faut investir que ce que l’on est potentiellement prêt à perdre. Je conseille de commencer par quelques centaines d’euros, ouvrir un premier compte, étudier les différentes plateformes, voir si l’on envisage l’investissement à moyen ou long terme… » Plusieurs sociétés, dont Fructify et CoinPlus, se proposent justement comme intermédiaires, afin de permettre à leurs clients de découvrir cet univers.

Stockage et plateforme

Point important à garder en tête : savoir comment conserver ses cryptomonnaies. Car si ces dernières sont piratées, elles ne pourront jamais être récupérées. Deux principales options existent : la première est d’utiliser un « hardware wallet », ou « portefeuille physique ». L’un des leaders est la société française Ledger, qui propose une sorte de clef USB à mot de passe, permettant de stocker de façon sécurisée ses cryptomonnaies. Mais attention à ne pas égarer le sésame ! C’est ce qui est arrivé à un développeur allemand vivant à San Francisco, qui a perdu le papier où était noté le mot de passe, rapportait récemment le New York Times. Et donc l’accès à ses quelque 7.002 bitcoins… Seconde solution : faire appel à un prestataire sécurisant les achats de ses clients.

Dans ce cas, évidemment, le choix de la plateforme sur laquelle se procurer ses cryptos est important. « Aujourd’hui, les plateformes proposant en France de l’achat ou de la vente de bitcoin doivent être enregistrées auprès de l’AMF. Il faut vérifier si le prestataire de service est bien noté sur notre liste blanche », insiste Claire Castanet. Et attention, « cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun risque en termes d’investissement ! Il n’y a pas de rendement élevé sans risque élevé. Ce type d’actif spéculatif peut être un investissement de diversification, mais il faut rester prudent », selon la directrice des relations de l’AMF. QUoi qu’il en soit, ces intermédiaires restent peu nombreux en France : aujourd’hui, sept prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) sont listés sur le site du gendarme de la bourse.

Variété de cryptomonnaies

Pour ceux qui souhaiteraient se lancer, il est recommandé de se lancer très progressivement. Pour les moins averses au risque, Jonathan Nowak recommande de commencer par investir « 5 à 10% de son patrimoine financier dans les cryptos ». Dans son portefeuille de monnaies virtuelles, l’expert dit placer « environ 40% sur le bitcoin, le reste sur d’autres monnaies, sans non plus m’éparpiller. Celles que je trouve intéressantes en ce moment : le Litecoin, l’Ethereum, le Chainlink et le Binance coin », détaille ce passionné des cryptomonnaies. Pour comparaison, un Chainlink vaut aujourd’hui, au 14 janvier, 13 euros, un Binance coin 33 euros, un Litecoin 121 euros et un Ethereum 959 euros. À chacun de faire son choix, pour tenter de mettre un pied dans ce monde tant convoité.