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Bitcoin : cinq raisons de rester très prudent !

La folle progression des cours du bitcoin donnerait envie à n’importe quel épargnant d’abandonner sans état d’âme son livret A au profit des cryptomonnaies. Ce n’est pas forcément une bonne idée ! Explications.

bitcoin

Avec un cours en incandescence qui le fait grimper de record en record – plus de 60 000 dollars actuellement –, le bitcoin déclenche les passions, dans les gazettes, sur le web et dans les salles de marché. Difficile alors de ne pas se laisser tenter. Mais est-ce vraiment une bonne option ? Faut-il s’inspirer d’Elon Musk qui a décidé de convertir une partie de la trésorerie de Tesla en BTC ? En fait, peut-être pas. Voici cinq raisons de se méfier de la star des cryptos.

1-Un moyen de paiement ultra-confidentiel

« On peut se payer un café avec un dollar, pas avec un bitcoin », ironise Janet Yellen, l’ex-boss de la Fed. Voulu comme une monnaie décentralisée et sans intermédiaires, le bitcoin, comme l’ethereum et d’autres cryptodevises n’a pas encore accompli sa percée face aux virements, cartes bancaires, etc. En 2019, la société Global POS tablait sur 25 000 enseignes hexagonales acceptant cet instrument de paiement. Un an plus tard, ce chiffre plafonnait à une petite centaine. Quant à la faiblesse des coûts de transaction, cet atout fond à mesure que grimpe la facture du minage à coup de blocks numériques.  

2-Une valeur qui repose sur du sable

Michel Aglietta, l’un des meilleurs spécialistes français des monnaies, parle d’un « actif totalement flottant, extrêmement spéculatif » parce que sa valeur ne repose pas sur une unité de compte traditionnelle comme l’euro, lui-même jaugé selon la confiance qu’inspire l’économie européenne. Ainsi, le cours du bitcoin ne fluctue qu’en fonction de l’offre et la demande. D’où de forts pics de volatilité en cas de stress sur les marchés. Comme lors du premier confinement du printemps 2020.

Surtout, contrairement à une monnaie classique, le bitcoin a été pensé dès le départ avec une limite : seulement vingt-un millions de bitcoins seront minés d’ici à 2040. Avec 18,6 millions de bitcoins en circulation aujourd’hui, le seuil sera donc très vite atteint, ce qui renforce leur rareté… sans que la pertinence ou leur valeur sous-jacente n’apparaisse.  

3-Des transactions tenues par les spéculateurs

Initialement pensé pour des publics précaires, le bitcoin remplit surtout les poches de spéculateurs sans scrupules : 2 500 comptes se trouvent à l’origine de 40 % des volumes quotidiens d’échanges constatés sur cette crypto-monnaie emblématique ces dernières semaines. Les premiers possesseurs de ces jetons ont donc tout intérêt à faire grimper son cours pour vendre au plus haut… avant de le plomber pour en racheter au plus bas.

4-Un actif virtuel, mais des arnaques bien réelles

La technologie de la blockchain augmente considérablement la sécurité des transactions numériques, ce qui porte le développement du commerce électronique. Toutefois, les wallets ou portefeuilles digitaux dans lesquels sont logés ces crypto-monnaies demeurent vulnérables, parce que moins bien protégés que leurs jumeaux de la vie réelle. A plus forte raison quand les premiers émanent de sociétés offshore logées dans des paradis fiscaux.

5-Un bilan environnemental calamiteux

C’est un sujet que les apôtres des cryptomonnaies n’aiment pas évoquer : une transaction en bitcoin consomme… 300 000 fois plus d’électricité qu’un paiement par carte ! Un chiffre à multiplier par deux, selon l’organisme Digiconomist, qui estime les besoins pour le bitcoin à 0,4 % de la consommation mondiale d’électricité, soit celle des Pays-Bas. Par ailleurs, l’essentiel des fermes de minage se trouvant en Chine, où elles sont alimentées par des centrales à charbon, le bitcoin se trouverait à l’origine de 60 millions de tonnes de CO2 rejetés tous les ans…