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Ethereum: un risque de bulle ?

Si le Bitcoin continue de s’apprécier, d’autres cryptomonnaies bénéficient de croissances encore plus fortes. Pour le plus grand profit de leurs fondateurs, comme celui de l’Ethereum, Vitalik Buterin, devenu milliardaire à vingt-sept ans. Ces monnaies virtuelles, potentiellement aussi prometteuses que le Bitcoin, comportent également des risques.

bitcoin

Un arbre peut en cacher un autre. Surtout dans le monde des cryptomonnaies, où les yeux du grand public demeurent rivés sur l’évolution du Bitcoin (BTC), en progrès de plus de 95 % depuis le 1er janvier dernier, avec un cours au-dessus de 58 000 dollars (47 840 euros) le 10 mai. Le franchissement la semaine dernière du seuil des 4 000 dollars par l’Ethereum (ETH) a révélé l’avènement d’un nouveau membre, qui a récemment rejoint le cercle très fermé des milliardaires des pièces numériques : Vitalik Buterin. Ce Canadien né en Russie a cofondé le protocole Ethereum à l’origine de la cryptomonnaie Ether. A 27 ans, fort de ses quelques 335 000 ETH, il est assis sur une fortune – virtuelle – de 1,1 milliard de dollars !

Un statut différent

Cette information met surtout en exergue le rang de seconde cryptomonnaie occupé par l’Ethereum avec une capitalisation de 454 milliards de dollars contre plus de 1000 milliards pour le Bitcoin. Un statut qui s’explique notamment par sa technologie blockchain devenue incontournable dans les jetons non fongibles (NFT). Contrairement au Bitcoin qui a été pensé comme une monnaie d’échange et une réserve de valeur à l’instar de l’or, l’Ethereum a une autre finalité. Son protocole informatique donne la possibilité d’effectuer des contrats intelligents sans passer par des intermédiaires (comme les banques). L’Ethereum vise ainsi à offrir des services financiers (versement d’intérêts, prêt, emprunt immobilier…) en plus de sa monnaie Ether.

+425% depuis janvier

Toutes les monnaies virtuelles n’ont pas le même objet mais leur évolution ressemble à une étape du Tour de France avec un échappé, un poursuivant, un gruppetto et un peloton où se retrouve la masse des quelques centaines de pièces numériques recensées ici et là. La monnaie phare des cryptodevises bénéficie d’une très confortable avance. Mais ses challengers affichent d’une dynamique bien plus forte. Depuis le 1er janvier, l’Ether (ETH) s’adjuge plus de 425%, le Ripple (XRP) s’apprécie de près de 630%, le Litecoin (LTC) de 210% ! Même le Dogecoin (DOGE), victime la semaine dernière d’une plaisanterie d’Elon Musk, se trouve en apesanteur, avec un gain de plus de 900% depuis le début de l’année.

Des cryptomonnaies qui se crédibilisent

Ces données n’ont pas échappé aux salles de marché. Qui participent elles aussi à ces propulsions. Conscients de la flambée de la première des cryptomonnaies, les grands gérants d’actifs ont commencé à se positionner sur ses rivaux, de crainte que le Bitcoin ne puisse se maintenir durablement au-dessus du seuil symbolique de 50 000 dollars. Il s’agissait aussi de ne pas trop s’exposer sur un seul actif, de diversifier leurs risques. Conséquence : le Ripple, le Litecoin et quelques autres se crédibilisent avec des volumes d’échanges en progression à mesure qu’enflait leur capitalisation. Et atténuait le risque d’illiquidité de ces devises électroniques.

Un risque de bulle accru

Ce regain d’intérêt pour les cryptomonnaies n’élimine pas les risques qu’elles portent. Au contraire, la possibilité d’une bulle prête à exploser demeure surtout sur les plus petites des cryptodevises. L’investisseur devra faire preuve de la plus grande sélectivité et rester à l’écart des plus confidentielles et des moins échangées. Même si leur cotation grimpe à la verticale.