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Cryptos : cinq personnes mises en examen après une arnaque

En utilisant la technique du « rip deal », les malfaiteurs ont pu dérober 1,2 millions d’euros en cryptomonnaie.

cryptomonnaie
Crédit : iStock.

Cinq personnes ont été mises en examen pour escroquerie en bande organisée après avoir notamment volé à un homme plus de un million d’euros de cryptomonnaie selon la technique du « rip deal » ou « transaction pourrie », a-t-on appris mercredi d’une source proche du dossier et du parquet de Bobigny. Il s’agit d’une escroquerie lors d’une transaction en liquide impliquant de fortes sommes d’argent pour acquérir un bien immobilier, un bijou précieux ou d’importantes quantités de marchandises.

Quatre suspects ont été interpellés le 6 décembre en Seine-Saint-Denis, trois à Aulnay-sous-Bois et un à Bondy et une cinquième personne à Cannes, qui a été déférée vendredi au tribunal de Bobigny, selon l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (ORCGDF). Les cinq personnes ont été mises en examen à Bobigny pour escroquerie en bande organisée. Deux d’entre elles ont été placées en détention provisoire, une est assignée à résidence sous surveillance électronique, et les deux autres sont sous contrôle judiciaire, a précisé le parquet de Bobigny. Les mis en examen sont tous nés entre 1990 et 1994, à l’exception de l’un d’eux, plus âgé (né en 1961). Ils sont tous domiciliés en Seine-Saint-Denis.

1,2 million de commission en cryptomonnaie

En juillet 2020, trois malfaiteurs rentrent en contact avec une première victime, un homme d’affaire d’origine suisse et résidant à Monaco qui souhaite vendre sa villa d’une valeur de près de 20 millions d’euros, détaille Julien Bataille, adjoint au chef de l’ORCGDF. Ils se font passer auprès de lui pour de faux intermédiaires d’agents immobiliers qui sont intéressés par la vente du bien. Les faux courtiers réclament 1,2 million d’euros de commission. La victime se laisse alors convaincre.

Prétextant qu’ils voulaient avoir la preuve que l’homme avait la somme pour payer la commission, les malfaiteurs, spécialistes des tours de passe-passe, donnent rendez-vous dans un hôtel de luxe à Monaco à la victime, qui a apporté dans une enveloppe une clé USB contenant 1,2 million d’euros en bitcoins. L’enveloppe est placée dans un coffre fort de l’hôtel, en attendant la vente de la villa. Rapidement les malfaiteurs dérobent les 1,2 million d’euros en bitcoins stockés sur le portefeuille numérique de la victime et les transfèrent sur un autre compte.

Parallèlement, l’ORCGDF reçoit une plainte d’une ressortissante polonaise et résidant en Suisse, victime d’un « rip deal » à Amsterdam avec le même mode opératoire en juin 2020.  La victime place dans un coffre d’un hôtel l’équivalent de 600.000 euros de bijoux ou lingots d’or qui sont rapidement dérobés par les malfaiteurs, selon l’adjoint au chef de l’ORCGDF. Deux personnes, déjà impliquées dans l’affaire de Monaco, ont également été identifiées dans cette arnaque.