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Les cryptomonnaies à l’épreuve de la guerre

La guerre russo-ukrainienne remet le Bitcoin et autres cryptomonnaies sur le devant de la scène. Les cours ont grimpé depuis le déclenchement des hostilités. Faut-il se positionner ?

bitcoin

Bien sûr, les cryptomonnaies n’ont pas brillé, alors que les premiers bruits de bottes ou les premières manœuvres se faisaient entendre à partir de janvier. Au contraire de l’or. Mais, dès le déclenchement de l’offensive militaire russe contre l’Ukraine, ces monnaies électroniques ont fait oublier ce « retard à l’allumage ». Tandis que l’once de métal jaune clôturait la séance du 24 février sur un très léger gain de 0,10 %, à 1 908,23 dollars et affichait à la mi-séance le 2 mars un gain de 1,12 % sur une semaine, le Bitcoin s’appréciait respectivement de 3,83 % et de 20,57 %. Idem pour son challenger l’Ethereum : un progrès certes moins prononcé (1,33 %) jeudi dernier et un rebond hebdomadaire d’un peu plus de 18 % vers 13 heures le 2 mars.

In fine, le Bitcoin et les altcoins (pour alternatives monnaies) passent avec succès l’épreuve du feu. Elles jouent leur rôle de carburant d’une économie ukrainienne acculée par son voisin. Sans doute que la ratification par le parlement, juste avant les premiers tirs d’artillerie, de la loi autorisant et encadrant leur création et leurs échanges y est pour beaucoup. Ce pays a ainsi pu récolter, selon le cabinet américain Elliptic, près de vingt-cinq millions de dollars en dons. Surtout, avec quinze réacteurs nucléaires, il détient de quoi miner ou créer des pièces et des blocs de transaction pour ses achats de pièces détachées et munitions pour ses avions, blindés, etc. Voire une source de devises s’il les met sur le marché. A condition que ses centrales ne tombent pas entre les mains de l’ennemi. Pour rappel, l’Ukraine avait lancé la construction d’un data center près de la centrale de Zaporijia, la plus grande d’Europe, destiné au minage de cryptos.

Cas de conscience pour les plateformes

La Russie peut également employer les cryptos, tant pour s’affranchir des sanctions internationales, après l’exclusion de la plupart de ses banques du système Swift, que comme moyen pour nombre d’oligarques de mettre tout ou partie de leur fortune à l’abri. Le ministre de l’économie et des finances a d’ailleurs annoncé que l’Europe veillerait à ce que les cryptos ne servent pas à contourner les sanctions. Déjà, certaines plateformes se heurtent à un cas de conscience : faut-il se ranger dans le camp de l’Ukraine qui demande le blocage des comptes des citoyens russes ou ignorer cette requête pour laisser ces monnaies alternatives hors d’atteinte des gouvernements ?

Surtout, l’anonymat dont bénéficient les créateurs de jetons laisse augurer de gros scandales chez certaines plateformes peu regardantes quant à l’identité de leurs clients. Voire, de très lourdes sanctions, en particulier américaines, en cas de violation du blocus infligé à la Russie. D’autant plus que les deux pays se distinguent pour leur réputation en matière de blanchiment d’argent sale via ces jetons numériques.

Une porte d’entrée à saisir

Pour l’épargnant, le rebond des cryptos ne doit pas faire perdre de vue ces risques. La hausse actuelle de ces jetons laisse entrevoir à terme un dépassement du précédent record de plus de 69 000 dollars. D’où l’intérêt de procéder à des investissements fractionnés. D’abord, parce que certains jetons se négocient plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ensuite, afin de disposer d’un maximum de supports pour une mise réduite, l’objectif étant entre autres de profiter du potentiel de hausse plus fort de cryptos moins célèbres que le Bitcoin ou l’Ethereum.