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Pourquoi le krach de Terra (UST) ne condamne pas le Bitcoin

Il était considéré comme un actif presque aussi qu’un dépôt dans une banque. Sauf que le stablecoin Terra (UST) ne détenait pas de liquidités pour maintenir sa parité avec le dollar. Pour autant, son effondrement brutal ne condamne pas l’écosystème de la Blockchain. Ni les jetons numériques ou les Bitcoins. Il convient toutefois de faire preuve de la plus grande prudence.

Cryptomonnaies

« C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus ». L’aphorisme de Warren Buffet résume les déboires des investisseurs ayant trop attendu des cryptomonnaies et des à-coups de ce secteur : entre le 5 et le 12 mai, le Terra USD (UST) a perdu plus de 95 % de sa valeur pour tomber à 0,0002 dollars. Fragilisée par la remontée de l’inflation, les premières hausses des taux  américains et la chute du Nasdaq  – qui cède plus de 15 % depuis le début de l’année, la chute de cette crypto, suscite les plus grandes craintes quant à la robustesse de l’écosystème de la Blockchain, des bitcoin et des NFT (Non Fongible Token).

Car dans l’univers des cryptos, Terra USD (UST), n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit d’un stablecoin. Sous cet anglicisme, se cache une classe de monnaies virtuelles arrimées, comme un ETF, à un sous-jacent ou une devise forte comme le dollar, l’euro ou le franc suisse. Un actif réputé pour sa moindre volatilité que le Bitcoin, le Ripple, l’Ether, etc. En outre, ils permettent une conversion plus facile et moins chère, en argent liquide. Dernière carte dans leur manche :  leur adossement à des réserves en devises déposées chez un établissement financier, soumis à toutes les régulations imposées par les autorités financières, pour maintenir la parité avec son sous-jacent lorsque les marchés traversent des turbulences.

Sauf que derrière Terra USD, il n’y avait point de coussins de billets verts, autant de dollars en réserve que de coins en circulation… mais un algorithme sensé garantir le « peg », ou la parité promise de un dollar pour un jeton ! Malgré la vente en urgence – et à perte – de plus de 1,5 milliards de dollars de Bitcoins pour le « re-peger » à son sous-jacent, ni UST, ni Luna, le bitcoin associé, et encore moins Terra, sa maison-mère ou blockchain, n’ont résisté : en une semaine, le cours du second s’est effondré de un à …. 0,0005 dollars ! Ce sont ainsi plus de trente milliards de dollars de capitalisation qui sont partis en fumée, reléguant le neuvième stablecoin mondial à la cent-soixante-dix-neuvième place du classement.

Chute de 50% du marché

Ce krach s’est ensuite propagé aux autres cryptos. Leur valorisation globale s’est repliée de plus de 50 %, depuis le plus haut de 1500 milliards atteint en novembre dernier, à sept cent milliards. La plus connue, Bitcoin, à dévissé de 23 % lors de cette semaine folle, bien loin de son zénith de plus de 66 000 dollars de l’automne dernier. Cette monnaie numérique star s’en tire à bon compte, au vu de certaines de ses rivales : Polkadot (DOT) tombe de cinquante dollars en novembre, à sept dollars, tandis que Chainlink (LINK) chute de 85 %, Avalanche (ADA) de 80 %, Ripple (XRP) de plus de moitié.

Dégringolade contrôlée

Pour autant, la défaillance de Terra n’implique pas de condamner tout cet écosystème numérique. D’abord parce que certains de ces stablecoins ont réussi à limiter leur dégringolade. Ainsi, Tether (USDT), un temps accablé, à vu son peg remonter de 0,97 à 0,99 dollar, à un cil de sa parité de un pour un dollar. La crypto centralisée entreprend une grande opération de séduction avec plus de bons du trésor américain dans ses réserves, portés à 82 milliards de dollars pour 74 milliards de jetons en circulation, et la réduction de la part du papier commercial. USDollar Coin (USDC) a vu son cours progresser.

« La plupart de ces actifs affichent encore des gains de plus de 80 % depuis leur origine », rappelle Brahim Abdesslam, fondateur de Younicorns (Keyrus). En outre, la technologie Blockchain ne cesse gagner des convertis, en raison de la sécurité qu’elle apporte aux transactions. Tout comme les NFT (Non Fongible Tokens ou Jetons numériques). La correction récente pourrait représenter quelques opportunités de retour à bon compte d’ici quelques semaines. A condition de faire preuve de sélectivité, en faveur de stabblecoins centralisés et transparents.