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Cryptomonnaies : faut-il sortir des plateformes de trading ?

Vous avez investi dans des cryptomonnaies déposées sur une plateforme spécialisée. Au vu de ce qui s’est passé avec FTX, aujourd’hui en faillite, vous avez des doutes sur les risques d’y laisser vos fonds ? Les recommandations de Mieux Vivre Votre Argent.

cryptomonnaies

En premier lieu, il convient de rappeler que le fait d’investir dans les cryptomonnaies ou spéculer sur le marché des cryptoactifs est une activité que nous considérons comme particulièrement risquée, aujourd’hui comme hier. Le terme de « plateforme » masque en réalité deux aspects qu’il ne faut pas mélanger : celui de faire se rencontrer une offre et une demande, et celui de conserver les fonds déposés par les investisseurs. Concernant cette dernière activité, si on laisse ces fonds à la plateforme, on accepte une part de risque inhérente à les confier à un tiers, qui peut se retrouver en difficulté. Par exemple pour les fonds déposés dans la plateforme FTX, aujourd’hui en faillite, personne n’est à ce stade certain de pouvoir récupérer sa mise.

Garanties variables

Par ailleurs, toutes les plateformes ne se valent pas en termes de garanties offertes aux investisseurs. La plateforme de trading Coinbase a effectué une entrée en bourse au Nasdaq (IPO) l’an passé, l’obligeant notamment à respecter des règles strictes en matière de communication financière, tandis que Kraken est régulé en tant que banque aux Etats-Unis.

Seule une partie des plateformes a été « enregistrée » en France auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) en tant que prestataire de services sur actifs numériques (PSAN), dont notamment Coinhouse, Paymium ou Stackinsat, obligeant ces dernières notamment en matière de lutte contre le blanchiment et le terrorisme. Mais aucune n’a d’agrément, permettant aux épargnants de bénéficier de garanties supplémentaires, comme une assurance responsabilité civile professionnelle ou des fonds propres minimaux, un dispositif de sécurité et de contrôle interne, etc. Une réglementation à l’échelle européenne, baptisée « Markets in Crypto Assets » (MiCA), a bien été votée mais celle-ci ne sera applicable que d’ici 2024. D’ici là, l’effet domino peut malheureusement continuer à jouer.

Diversification des intermédiaires et portefeuille physique

S’il peut être excessif de conseiller de retirer tous ses fonds des plateformes, n’y déposer qu’une petite partie, en diversifiant les intermédiaires, peut être une solution. Dans le contexte actuel, il est tentant et incontestablement pertinent de gérer soi-même ses cryptoactifs et les stocker directement dans un portefeuille physique, ou wallet, en les sécurisant avec une clé privée à l’image de ce que propose la société Ledger. A condition, là encore, d’en bien comprendre le niveau de contrainte en termes de sécurité et de responsabilité personnelle qu’impose le fait d’être soi-même le dépositaire de ses propres fonds. De même que le risque, pas inexistant, d’être victime d’un vol.