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Actionnariat salarié : vers une année 2020 plus difficile

Comme on pouvait s’y attendre, l’actionnariat salarié a marqué le pas depuis le début de l’année dans les grosses entreprises cotées. La crise sanitaire et économique a porté un coup d’arrêt au développement du dispositif, qui est pourtant croissant depuis des années.

Seules 14 opérations ont été réalisées entre début janvier et fin juillet 2020 contre 26 sur la même période en 2019, selon Eres, qui évoque une « année de transition ». Un bon point, toutefois : « Malgré cette baisse significative, on constate cependant que les salariés sont au rendez-vous : les premiers taux de participation aux opérations sont supérieurs aux années passées », indique Mirela Stoeva, directrice des études au sein du groupe de conseil et de gestion.

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Nombre record d’opérations en 2019

Pas de quoi arrêter l’attrait pour ce type d’opération, qui ne se dément pas. Ainsi, l’année 2019 a encore été un excellent cru pour l’actionnariat salarié, avec un nombre record d’opérations et un volume très élevé pour les plans collectifs : quelque 40 opérations collectives ont été menées par 36 entreprises du SBF120, sous forme d’augmentations de capital réservées aux salariés ou de cessions d’actions, « un nouveau record » d’après le groupe. Le volume de ces opérations s’est élevé à 3,40 milliards d’euros en 2019, très proche du record de 2018 (3,48 milliards d’euros).

Les actions souscrites dans le cadre des opérations d’actionnariat salarié continuent par ailleurs d’afficher « un niveau de performance particulièrement élevé », selon Eres. Ainsi, pour une détention de 5 ans, un actionnaire salarié qui a souscrit des actions de son entreprise entre 2006 et 2014 a été gagnant dans 81% des cas grâce aux possibilités de décote. S’il a en plus bénéficié d’un abondement de 100%, le pourcentage d’opérations gagnantes grimpe alors à 93%.

L’actionnariat salarié, facilité par la loi Pacte de 2019, portée par l’exécutif, a de belles perspectives. « L’actionnariat salarié est aujourd’hui très largement soutenu par le pouvoir politique, et l’objectif que 10% du capital des entreprises françaises soit détenu par les salariés permet de disposer d’un cap clair. Le cadre légal et fiscal a ainsi évolué favorablement, et les effets commencent à être visibles », conclut Pierre-Emmanuel Sassonia, président d’Eres.