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Épargne salariale : des robots pour vous conseiller

Des robots-conseillers sont désormais utilisés pour aider les salariés, chez de nombreux acteurs de l’épargne salariale. Focus sur ces solutions digitales.

Les meilleures sociétés de gestion à qui confier votre argent
Crédit: iStock.

Démunis ou encore livrés à eux même, voici ce que pensent les détenteurs d’épargne salariale lorsqu’ils doivent la gérer ! Améliorer l’information en la matière était même une priorité pour 43% des Français interrogés par Ipsos pour le compte du Cercle des Épargnants en début d’année. Pour répondre à cette attente, plusieurs acteurs de l’épargne salariale ont mis en place une solution digitale. Il s’agit d’une aide au choix des placements par le biais de l’intégration d’un robo-advisor (ou robot conseiller). Le concept : l’épargnant répond en ligne à différentes questions en lien avec ses objectifs de vie, son profil d’investisseur et son horizon de temps. Le robot lui recommande ensuite une allocation d’actifs adaptée.

Un déploiement récent

Amundi ou Natixis Interepargne proposent ce service depuis plusieurs années. « Nous avons été les premiers en 2017 à intégrer un robot-conseiller à notre offre en épargne salariale. Désormais, 1,2 million de salariés sur les 3 millions que nous couvrons peuvent l’utiliser », précise Xavier Collot, directeur de l’épargne salariale et retraite d’Amundi. Mais d’autres acteurs de l’épargne salariale viennent de s’y mettre. C’est le cas d’Epsens (groupe Malakoff Mederic) et  Regard BTP (Pro BTP). Ils ont tout deux choisi la technologie développée par Fundvisory. Une fintech qui a le statut de Conseiller en investissement financier (CIF). « Les salariés ont besoin d’être guidés pour placer par exemple leurs primes d’intéressement ou de participation. Or, en tant que teneur de compte en épargne salariale, nous n’avons pas le statut réglementaire pour les conseiller. L’instauration d’un robo-advisor dans notre offre va désormais pallier ce manque », explique Catherine Pays-Lenique, directrice générale d’Epsens.  

Trop de fonds monétaires

Il est vrai que les salariés délaissent encore, pour beaucoup, la gestion de cette épargne. Pour preuve, il sont encore trop nombreux à y détenir des fonds monétaires. Un non-sens, sachant que ce type de placement, censé être sécuritaire, fait désormais perdre chaque année de l’argent. « D’après les derniers chiffres publiés par l’AFG, on constate encore que 23% des encours en épargne salariale (hors actionnariat salarié) sont logés dans des fonds monétaires alors que les taux à court terme sont attendus à -0,65% fin 2021 », ajoute Catherine Pays-Lenique. La situation s’est quelque peu améliorée depuis l’instauration par défaut de la gestion pilotée. Mais les salariés doivent continuer à mieux prendre en main cette épargne.

Un service payant

Pour cela, l’utilisation d’un robo-advisor est intéressante. « Au total, 350 000 salariés ont utilisé notre outil pour déterminer leur profil d’investisseur. Ils peuvent ensuite reproduire par eux même l’allocation type proposée par le robot ou lui confier directement l’implémentation de leurs arbitrages en adhérant à ce service », précise Xavier Collot. Cette dernière option a toutefois un coût, souvent supporté directement par le salarié. « Notre service est gratuit pour les comptes de moins de 2000 euros. Ensuite il est tarifé à 0,08% des encours gérés et coûte au maximum 150 euros par an », détaille Xavier Collot. Epsens réfléchit quant à lui à l’instauration d’une formule d’abonnement pour le salarié, quand l’entreprise n’aurait pas directement pris en charge ce service. Autre bémol : le robot ne permet pas de répondre à toutes les interrogations possibles des épargnants. Les efforts de pédagogie financière doivent toujours se poursuivre en matière d’épargne salariale.