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Epargne salariale : l’actionnariat salarié progresse

Selon une enquête publiée par la FAS, les grandes entreprises ont largement associé leurs salariés à leur capital en 2020 et 2021. Mais la progression reste loin des ambitions affichées par la Loi Pacte.

Être salarié d’un grand groupe s’avère souvent très avantageux en matière d’épargne salariale. D’après une enquête publiée par la Fédération française des associations d’actionnaires salariés et anciens salariés (FAS), les grandes entreprises cotées ont davantage associé leurs salariés à leur capital ces deux dernières années. Plus de la moitié des entreprises interrogées ont lancé une opération d’actionnariat salarié entre 2020 et 2021. Elles étaient 46% en 2018 et moins de 43% auparavant. Un niveau record alors même que le contexte était marqué par la pandémie. OVHcloud a par exemple ouvert son capital à plus de 2000 collaborateurs en France et à l’étranger lors de son introduction en Bourse en septembre dernier. Parmi les grands groupes déjà adeptes de l’actionnariat salarié, Axa, Veolia, Thalès, Orange ou encore Spie ont à nouveau proposé à leurs salariés d’acquérir des actions à tarif préférentiel.

Une décote attractive

La formule est souvent identique : offrir une décote pour l’achat d’actions. Cette dernière peut atteindre jusqu’à 40% en cas de détention d’au moins 10 ans. Certaines entreprises mettent aussi en place un effet de levier ou un capital garanti. Les salariés ont en moyenne apporté entre 1 000 et 5 000 euros. De l’argent qui est généralement issu des versements au titre de la participation et de l’intéressement. « Nous constatons une croissance de l’apport personnel moyen des salariés », commente Olivier Paon, directeur de l’enquête et conseiller fédéral à la FAS.  Les salariés ont également bénéficié d’un abondement allant jusqu’à 2000 euros.

De quoi donc investir à des conditions très avantageuses. D’autant que les investisseurs ont profité d’un marché boursier particulièrement porteur en 2021. Au total, l’actionnariat salarié représentait un encours de 61,3 milliards d’euros à fin décembre dernier. Une grande entreprise sur deux a désormais franchi le seuil de 3% d’actionnaires salariés. Cette part masque pourtant d’importantes disparités. Les salariés du CAC 40 sont mieux lotis que les autres. Les 40 grandes valeurs françaises sont détenues en moyenne à hauteur de 3,2% par leurs salariés, contre 1,59% pour les 80 capitalisations suivantes.

Des mesures incitatives

Le bilan de la Loi Pacte est donc positif. Elle a, bel et bien, favorisé le développement de l’actionnariat salarié. La réduction du forfait social (passant à 10%) sur l’abondement pour l’acquisition de titres de l’entreprise y a contribué. Tout comme l’abondement unilatéral et l’augmentation de la décote proposée ont aussi été des leviers. Mais, le gouvernement est loin de remplir son objectif : atteindre 10% de détention par les salariés du capital des grandes entreprises françaises.  Un cap qui sera difficile à franchir sans de nouvelles incitations, selon la FAS.