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Epargne salariale : un besoin de lisibilité encore criant

Les bénéficiaires d’épargne salariale sont globalement en quête d’informations plus claires, plus lisibles et plus régulières, selon une étude publiée par Epsor. L’une des conséquences de ce défaut d’information : la majorité d’entre eux épargnent sur des supports sans risque ou prudents, en dépit d’horizons de gestion permettant d’aller chercher davantage de risque.

Crédit Istock.

L’épargne salariale pourrait être un levier de poids face à l’inflation et à la perte de pouvoir d’achat qui en découle. Au travers de primes comme l’intéressement ou la participation, ce type de dispositif séduit de plus en plus les Français. Il est considéré par 76 % des répondants à un sondage Epsor réalisé avec OpinionWay comme un avantage intéressant parmi leur package de rémunération. Et l’épargne salariale est même l’avantage favori de 35% des personnes interrogées.

La flexibilité de l’épargne salariale, avec sa fiscalité avantageuse, la possibilité d’un abondement de l’employeur, et des plans d’épargne dynamiques sont autant d’atouts pour ce type de placement. En témoigne le fait que parmi les répondants ayant acquis leur résidence principale, plus de la moitié (56%) ont utilisé leur épargne salariale comme apport. Pour 22%, il s’agissait même de l’apport principal.

« Communications plus claires, plus lisibles et plus régulières »

Pour autant, l’épargne salariale gagnerait encore à être plus lisible auprès des employés. Les résultats de cette étude confirment en effet un manque d’information lisible, régulier et « à valeur » : 43% des personnes interrogées réclament « plus d’explications sur le fonctionnement, des informations et communications plus claires, plus lisibles et plus régulières ». Selon Epsor, le besoin de contenu pratique est également très fort, avec le désir d’avoir plus de réunions, tutoriels, formations et webinars, par exemple.

Conséquence directe du défaut d’information environnant ces dispositifs : 55% des répondants hésitent quant au meilleur choix à faire pour affecter leur prime (retrait ou placement, choix du support, fonds proposés, délais, cas de déblocage…). Près de 40% des répondants vont ainsi chercher des conseils auprès de leur entourage (famille, amis, collègues) plutôt qu’auprès d’un professionnel. Pourtant, 93% disposent d’un accès à un service client, souligne l’étude.

Des choix « frileux »

Autre élément découlant de ce manque d’information : les épargnants sont plutôt frileux dans leurs choix de gestion. Ils sont majoritaires (53%) à épargner sur des supports sans risque ou prudents. Et ce « alors même que les horizons de l’épargne salariale (5 ans pour le PEE, la retraite pour le PER) invitent pourtant à une prise de risque, modérée ou forte selon les profils », indique Epsor. Sans surprise, les placements dynamiques, privilégiés par 27% des répondants, intéressent un profil type particulier : les CSP+ et les personnes ayant un montant d’épargne supérieur à 5 000€ au cours des trois dernières années.

Enfin, sensibles aux questions relatives à l’investissement socialement responsable (ISR), les épargnants réclament à 83% plus d’informations sur ce que finance l’argent placé sur leurs plans d’épargne salariale (entreprises financées, éventuels secteurs controversés, émissions de CO2 du fonds…). Un taux qui monte même à 87% chez les -35 ans, « preuve supplémentaire que les jeunes générations sont sensibles à l’impact de leurs choix financiers », conclut la plateforme.