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Dividende salarié : Olivier Véran prévoit une loi « contraignante » pour les entreprises

Le dividende salarié est une mesure avancée par Emmanuel Macron permettant un meilleur partage des profits des entreprises envers les salariés.

dividendes

Une loi sur le dividende salarié pour que les entreprises versant des dividendes en versent aussi à leurs salariés, passera « au cours du quinquennat » et sera contraignante, a indiqué jeudi le porte-parole du gouvernement Olivier Véran. « On fera par la loi passer une disposition qui contraindra les entreprises qui versent des dividendes aux actionnaires à en verser aux salariés, parce que c’est plus de pouvoir d’achat« , a déclaré le ministre sur le plateau de France 2. « Il faut que les salariés puissent devenir quelque part un peu propriétaires de leur outil de travail », a-t-il précisé, assurant que ce projet de loi « viendra au cours du quinquennat ».

Le dividende salarié est une mesure avancée par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle pour permettre un meilleur partage des profits des entreprises en direction des salariés, et qu’il avait promis de faire adopter dès l’été 2022. Elle se heurte au résistance du patronat.

Pas de taxe sur les superprofits

Olivier Véran a par ailleurs balayé la possibilité d’une taxe sur les superprofits réalisés par les entreprises énergétiques que la gauche entend porter lors de l’examen du projet de budget pour 2023 au Sénat. Une telle taxe est déjà en place au Royaume-Uni. « Rien que sur l’énergie, on en est à 40 milliards de d’argent public pour accompagner les Français », a-t-il argumenté. « Donc même si vous mettiez une taxe à 10% sur les profits que vous pourriez appeler surprofits, ça ne fait pas la maille », a-t-il avancé. Défendant le dispositif européen de « contribution temporaire de solidarité », repris dans le projet de budget, il a soutenu : « je peux vous garantir qu’on récupère beaucoup plus que s’il y avait une taxe sur les superprofits ».

TotalEnergies a estimé fin octobre à un milliard d’euros le montant de cette contribution fixée à 33 % de la part des superprofits de 2022, c’est-à-dire des bénéfices supérieurs de plus de 20% à la moyenne des années 2019-21, qu’il aurait à partager entre six pays de l’Union européenne.

Selon l’économiste Maxime Combes de l’Observatoire des multinationales, une émanation de l’ONG Attac, sur le milliard d’euros que TotalEnergies paierait ainsi, 40 à 65 millions seulement reviendraient en France.