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« Le déblocage exceptionnel de l’épargne salariale, une vraie fausse bonne idée ? »

Par Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales chez UFF.

Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales à l’UFF.

Les salariés et dirigeants d’entreprise ayant mis en place des solutions d’épargne salariale peuvent jusqu’à la fin de l’année faire un retrait exceptionnel de 10 000€ maximum provenant de leur Plan d’épargne entreprise (PEE), Plan d’épargne inter-entreprises (PEI) ou Plan d’épargne de groupe (PEG). Ces sommes issues de droits à participation ou à intéressement versés dans ces plans, avant le 1er janvier dernier, sont habituellement indisponibles pendant 5 ans.

L’intérêt est de pouvoir débloquer ces sommes en étant exonéré d’impôt sur le revenu, seule la part des gains des sommes débloquées restant assujettie aux prélèvements sociaux de 17,2%. Ce dispositif exceptionnel s’inscrit dans le cadre de la loi pour la protection du pouvoir d’achat et a pour objectif de soutenir la consommation des ménages.

Ces sommes n’ont ainsi pas vocation à être réinvesties dans d’autres dispositifs d’épargne ou dans l’acquisition d’un bien immobilier*. Donc, une « bonne idée » pour les ménages en ayant besoin à court terme pour financer des biens et services de la vie courante.

Un choix moins pertinent en cas de trésorerie suffisante

Pourquoi l’idée est moins pertinente, si votre trésorerie reste suffisante ? Le PEE permet à la fois de loger les droits à participation, l’intéressement, sans avoir été soumis aux charges salariales et ni au prélèvement à la source. Il vous permet d’effectuer des versements volontaires qui peuvent être abondés jusqu’à 300% par l’entreprise (selon accords d’entreprise) dans la limite de 25% de votre rémunération (versements et abondements compris). Au-delà de 5 ans, vous pouvez en disposer librement et les capitaux versés sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2% seront prélevés sur les gains réalisés.

Selon vos objectifs à moyen et long terme, vous choisirez un mode de gestion correspondant à votre aversion au risque et comme évoqué précédemment, toutes les plus-values générées ne seront pas imposables sauf prélèvements sociaux, même celles issues des sommes versées au titre de l’abondement par l’entreprise.

Par conséquent, faire un retrait exceptionnel, si vous n’en avez pas besoin, peut s’avérer une « fausse bonne idée » notamment dans une période où les marchés peuvent être chahutés et si l’allocation que vous avez choisie s’inscrit dans une stratégie de long terme.

*Les justificatifs des dépenses devront être conservés