Se connecter S’abonner

Epargne salariale : le déblocage massif exonéré a fait flop

D’après un professionnel du secteur, environ un milliard d’euros a été retiré de l’épargne salariale des Français, soit 1 % des montants potentiellement déblocables.

Epargne salariale
iStock

Tout ça pour ça. Voilà une phrase qui pourrait parfaitement illustrer l’échec du déblocage d’une partie de l’épargne salariale, sans impôt, une mesure mise en place durant la période estivale dans le cadre du projet de loi pouvoir d’achat. Pour en bénéficier, il fallait en faire la demande avant le 31 décembre. Or, selon un premier bilan que BFM Business a consulté, la mesure n’a pas porté ses fruits.

Les règles qui entourent l’épargne salariale ont changé depuis 2008

D’après un professionnel du secteur, environ un milliard d’euros a été retiré de l’épargne salariale des Français, soit 1 % des montants potentiellement déblocables. Et, à moins d’un miracle, la situation n’a probablement pas été nettement inversée dans la seconde moitié de décembre, période pour laquelle les données concernant l’épargne salariale ne sont pas encore connues. En 2013, date de la dernière mesure de déblocage exceptionnel mise en place par François Hollande, les montants retirés étaient deux fois plus importants, mais la déception était également au rendez-vous.

Il est important de préciser que l’encadrement du dispositif était très strict. Seules sommes concernées : celles qui avaient été placées avant le 1er janvier 2022. Pour retirer l’argent, dans la limite de 10.000 euros, une seule opération était possible. Les sommes débloquées devaient enfin servir à financer un achat de biens ou de services, sans pouvoir être réinvesties dans d’autres dispositifs d’épargne. De quoi, probablement, décourager certains épargnants.

L’explication principale se trouve ailleurs, pour les professionnels de l’épargne salariale : il faut plutôt, selon eux, observer le changement de règle qui s’est opéré en 2008. Avant cette date, il était impossible de débloquer les fonds durant cinq ans. Désormais, chaque année, les salariés peuvent décider de transférer tout de suite leur argent, ou pas. « Ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts récupèrent déjà leur mise chaque année » raconte un gestionnaire. Inversement, ceux qui sont dans la capacité d’épargner décident de placer leur argent, et n’ont aucun intérêt à actionner le levier du déblocage exceptionnel.