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Ces nouveaux usages du crowdfunding avec la crise du Covid

Les plateformes de financement participatif ont collecté plus d’un milliard d’euros l’an passé, d’après le baromètre Financement Participatif France et Mazars. Les épargnants ont favorisé les dons sans récompense et l’immobilier.

crowdfunding immobilier
Crédit: iStock.

2020 marque un nouveau palier pour le crowdfunding. Encore méconnue il y a seulement quelques années, cette forme de placement qui permet à des particuliers d’investir dans des projets via des plateformes en ligne a connu un bond spectaculaire de sa collecte. D’après le dernier baromètre de l’association Financement Participatif France réalisé en partenariat avec le cabinet Mazars, les plateformes de financement participatif ont réuni un peu plus d’un milliard d’euros l’an passé, soit une progression de 62% en un an ! Au global, 115 616 projets de particuliers, start-up, collectivités…ont été financés en 2020. 

Une vague de générosité

La crise sanitaire a toutefois fait émerger de nouvelles pratiques. Quelque peu délaissés ces dernières années, les placements sous forme de dons sans contrepartie ont bondi de 459% pour atteindre 146 millions d’euros en 2020. Il faut dire que le Covid-19 a suscité une vague de générosité de la part des Français qui ont participé à des campagnes de soutien aux hôpitaux, aux personnes en détresse…

La plus grande partie des financements (740 millions d’euros) s’est encore portée sur le crowdlending, c’est-à-dire le financement sous forme de prêt. Nouveauté 2020 : quelques plateformes ont proposé à des particuliers de prêter dans le cadre du PGE, le prêt garanti par l’Etat. Seulement 4,9 millions d’euros ont été versés à des entreprises en difficulté, la rentabilité de ce type de placement étant relativement limité compte tenu des contraintes réglementaires.

Un rendement exceptionnel de 9,3%

La dynamique du marché des prêts participatifs a une nouvelle fois été tirée par un secteur particulier : l’immobilier, qui a trusté à lui seul 75% de la collecte. Concrètement, le crowdfunding immobilier permet de compléter sous forme de prêt les fonds propres de promoteurs immobiliers pour les aider à finaliser un projet de construction. Une appétence pour ce créneau qui s’est accentué avec la crise. La pierre continue de rassurer les épargnants.

Il faut dire que cette forme de placement a su délivrer d’exceptionnels rendements annuels : 9,3% en moyenne l’an passé d’après le baromètre. Mais comme le rappelle régulièrement l’AMF, il n’y a pas de rendement sans prise de risque ! Or, sur ce créneau ils sont nombreux : défaillance du promoteur, retard dans les chantiers, difficulté à vendre les biens nouvellement construits…  Si pour le moment, les taux de défaut restent encore limités, il ne faut pas oublier que la crise économique est encore devant nous.