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Pensez solidaire pour vos économies

Livrets de partage ou plateformes de crowdfunding permettent d’épargner de façon solidaire. Revue de détail.

Les livrets de partage sont la première option à étudier. Ces derniers permettent de reverser tout ou partie des intérêts perçus à des associations. Leur principal atout : vous pouvez obtenir une déduction fiscale de 66% des sommes données (dans la limite annuelle de 20 % du revenu imposable) à des organismes d’intérêt général ou reconnus d’utilité publique. Ce taux passe à 75 % lorsqu’il s’agit d’associations d’aide aux personnes en difficulté (Restos du cœur, Médecin sans frontières… ) dans la limite de 1 000 euros par an. En voici 4 qui proposent des taux encore relativement intéressants.

Livret Agir, Crédit Coopératif

Depuis 2002, ce support reverse la moitié des intérêts à des associations. L’épargnant peut choisir parmi une liste bien fournie d’une trentaine de structures classées dans différentes thématiques. Avec 800 millions d’euros d’encours et plus de 63 000 titulaires à fin 2020, ce livret est l’un des plus importants du marché. Taux : 0,60 % brut annuel jusqu’à 15 300 euros, puis 0,05 % au-delà.Versement initial de 10 euros, pas de plafond.

Livret Paris Partage, Crédit Municipal de Paris

Lancé en 2018 par le Crédit Municipal de Paris, ce compte sur livret a un double attrait. D’abord, une partie des intérêts, au choix 25, 50, 75 ou 100% est reversée à une des trois associations proposées. Ensuite, le capital versé sert directement à financer l’activité de prêt sur gage du Crédit Municipal de Paris. L’an passé, le Livret Paris Partage a vu ses encours bondir de près de 300 % pour s’approcher de 15 millions d’euros. Taux : 1 % brut annuel (taux en vigueur au 15 /06/2021). Versement initial 50 euros, plafond 50 000 euros.

Livret Solidaire, Macif

Proposé depuis novembre 2017, ce livret vous laisse le choix de reverser 25, 50, 75 ou 100 % des intérêts annuels en soutenant une des quatre associations sélectionnées par la mutuelle. Au total, près de 1900 personnes détiennent actuellement ce support, dont les encours ont progressé ces dix-huit derniers mois pour s’élever à 19 millions d’euros au 30 avril dernier. Taux : 1% brut jusqu’à 2 000 euros, puis 0,40 % au-delà. Versement initial de 10 euros, pas de plafond.

Livret Epargne Autrement, Maif

Ce livret reverse 25 % des intérêts bruts à des associations qui favorisent l’emploi et l’accès à l’éducation pour tous. Il offre aussi la possibilité de donner directement 1% des versements. Ce double dispositif soutient quatre associations, dont France active pour les jeunes entrepreneurs. Taux : 0,90 % brut annuel jusqu’à 5 000 €, puis 0,10 % au-delà. Versement initial de 10 euros, pas de plafond.

Faites du crowdfunding

La seconde option consiste à financer des projets solidaires ou qui ont trait à l’environnement via des plateformes d’investissement participatif (crowdfunding). Si vous souhaitez privilégier l’engagement sans forcément un retour sur investissement, privilégiez le don via des plateformes spécialisées : Ulule, labellisée B Corp, KissKissBankBank, les 2 principales, ou encore Fundovino, Collecticity (qui vient par ailleurs de lancer des émissions obligataires) ou Zeste.coop. Certaines, qui proposent d’autres types de crowdfunding comme Tudigo ou Miimosa, mettent également en avant des projets en attente de dons, le plus souvent avec contrepartie : épicerie itinérante et écoresponsable dans le Haut Doubs, élevage éthique de vaches limousines… Avec cette démarche, n’espérez aucune défiscalisation, sauf si le porteur de projet est une association à but non lucratif.

Si vous recherchez plutôt du rendement avec des risques limités, optez pour les plateformes œuvrant dans les énergies renouvelables (financement de centrales photovoltaïques, parcs éoliens…). Enerfip, Lendopolis et Lendosphere sont les trois plus grosses aux côtés de Lumo, plus confidentielle. Vous pouvez escompter jusqu’à un peu plus de 5 % de rendement (avant fiscalité). Le modèle économique vise à limiter les risques pour les investisseurs. Les entreprises qui font appel à l’épargne des particuliers ont, en effet, une certitude contractuelle de vendre chaque année, sur long terme, la totalité de leur production d’énergie à un tarif connu à l’avance. Et, dans le cas d’un financement par actions, le rachat des titres au terme par l’actionnaire majoritaire (le porteur du projet) est garanti. Reste le risque de faillite, mais jusqu’à présent aucun défaut n’a été recensé sur les plateformes. Côté fiscalité, le prélèvement forfaitaire unique de 30 % s’applique sur les revenus.

Ceux qui sont prêts à prendre plus de risques peuvent se tourner vers le financement de sociétés qui font de l’impact investing ou investissement à impact, autrement dit qui répondent à des besoins sociaux, sociétaux et/ou environnementaux. Vous trouverez des projets sur Wiseed, Tudigo ou Lita.co entre autres. Vous investissez là aussi en actions, soit directement, soit via une holding. Les risques sont élevés et de plusieurs ordres, sachant que l’horizon de placement est a minima de cinq ans : perte de votre capital (jusqu’à 100 %), manque de liquidité (la sortie n’est possible, par exemple, que s’il y a rachat des parts par le fondateur ou un autre investisseur), dilution éventuelle si l’entreprise lève de nouveaux capitaux, pas de versement de dividendes. En contrepartie, vous avez droit à une réduction d’impôt sur votre revenu (25 % jusqu’au 31 décembre 2021).