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La rémunération des PEL d’avant 2011 sur la sellette ?

Dans son rapport annuel sur l’épargne réglementée, la Banque de France propose d’abaisser la rémunération des anciens plans d’épargne logement.

Avec 20% de ménages détenteurs, le PEL convoite aussi à raison le titre de placement préféré des Français. Au 31 décembre 2019, le nombre total de plans d’épargne logement (PEL) s’élève à 13,4 millions. En recul en nombre de plans de près de 1 million sur un an, son encours a cependant continué de croître en 2019, s’établissant à 282,5 milliards d’euros. Il est vrai que le taux moyen des PEL est particulièrement attractif au vu des autres placements. Et en particulier les produits d’épargne : 2,65% en pondérant le taux d’intérêt par le nombre de PEL, et 3,13% en le pondérant par l’encours. Encore mieux : 5% des PEL représentant 11% de l’encours sont rémunérés à un taux à 5,25% voire plus.

Taux de plus de 4%

Dans le viseur de la Banque de France : les PEL souscrits avant 2011. Ces plans, les plus intéressants, commencent à peser sur le financement de l’économie française, déplore la Banque de France. Comparée à l’ensemble des PEL, leur rémunération moyenne est bien plus élevée. Elle affiche 4,11 % en pondérant par le nombre de plans, et 4,44 % en pondérant par l’encours. A fin 2019, ces anciens PEL, dont la rémunération ne bouge pas même après 15 ans, représentaient encore quelque 115,5 milliards d’encours, répartis sur 3,7 millions de plans. « Cette rémunération élevée au regard des taux d’intérêt actuels pèse sur l’économie française, en accroissant le coût des ressources disponibles pour le financement de l’économie par les établissements bancaires » selon la Banque de France.

Un taux de 1% entraînerait un gain de 4 milliards d’euros

Les PEL souscrits avant 2011, qu’il n’est plus possible d’abonder au‑delà de 10 ans d’ouverture, « continuent en effet indéfiniment de rapporter des intérêts jusqu’au retrait définitif des fonds ». Même s’ils sont automatiquement transformés en livrets d’épargne au bout de 15 ans d’ancienneté. « Si l’ensemble des PEL souscrits avant 2011 voyaient leur rémunération fixée à 1% taux applicable depuis 2016 , le gain en termes de ressources finançant l’économie serait de l’ordre de 4,0 milliards d’euros », conclut le rapport. Si aucune réforme de grande ampleur n’est pour l’heure officielle, voilà néanmoins de quoi apporter de l’eau au moulin des banques.