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Livret A : un coup de pouce à 936 millions d’euros

Par rapport au taux de 0,8% attendu, le surplus de rémunération offert aux épargnants (+0,2 point) restera symbolique à l’échelle individuelle. Mais son coût global ne sera pas négligeable…

Livret A
Crédit : Sipa.

1% au lieu de 0,8%. Tel sera le taux du Livret A à compter de février. Alors que la formule basée sur les taux courts et l’inflation laissait deviner un relèvement du taux du Livret A de 0,5% à 0,8%, Bercy a finalement décidé d’accepter la proposition de la Banque de France d’arrondir le taux à 1%.

A l’échelle de l’épargnant, au-delà de son aspect symbolique, ce geste n’aura que peu d’impact. D’abord il sera loin de suffire pour contrer une inflation attendue à au moins 2% sur l’année. Quant au gain en termes d’intérêts, il restera très modeste. Pour un livret à l’encours moyen, soit 4.500 € environ, le détenteur encaissera 45 euros par an au lieu de 36 euros, c’est-à-dire… 9 euros de plus.

Un poids pour les banques

Pour les banques en revanche, le bilan va être bien plus lourd. A la fin de l’année, le Livret A représentait 343 milliards d’euros d’encours, somme à laquelle il faut ajouter les 125 milliards d’euros du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), rémunéré au même taux.

Avec un total de 468 milliards d’euros d’encours sur les deux produits, ce petit surplus de 0,2 point offert par l’exécutif va donc conduire les banques à verser collectivement 4,68 milliards d’euros d’intérêts par an au lieu des 3,744 milliards d’euros correspondant au taux attendu de 0,8%, soit une rallonge de 936 millions d’euros.

On peut dès lors s’interroger sur l’accueil qui sera fait à cette annonce et partant sur sa pertinence. D’un côté, les épargnants risquent de trouver la rallonge largement insuffisante les concernant. De l’autre, les banques vont très probablement reprocher au gouvernement une mesure qui va mécaniquement leur coûter près de 1 milliard d’euros par an.