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Inflation : les investisseurs doivent prendre des risques

Le rendement réel des multiples livrets, impactés par l’inflation, s’amincit. Pour un meilleur rendement, les actions restent la meilleure option.

fonds

En Europe, l’inflation a accéléré en atteignant 7,5 % en mars. Un record sans précédent depuis la création de l’Euro. De leur côté, les Français ont profité des confinements successifs pour accumuler plus de 170 milliards d’euros d’épargne, rappelle Le Figaro. Cet argent se retrouve en grande partie sur des comptes courants ou des livrets d’épargne réglementés. Ainsi, il est bien rémunéré. Pour rappel, les taux du livret A et du livret de développement durable et solidaire (LDDS) ont doublé en décembre dernier. Mais à 1 %, cela reste peu.

Le rendement réel de ces produits exempts de fiscalité, impactés par l’inflation, s’amincit. De plus, l’assurance-vie, le produit d’épargne préféré des Français, avec 1.876 milliards d’encours selon France Assureurs, n’est pas plus avantageuse. Le taux moyen des fonds en euros tournerait à hauteur de 1,2 % cette année, soit un peu moins de 1 % après impôts. L’Association française d’épargne et de retraite (Afer), la référence du marché, a maintenu la rémunération de son fonds en euros à 1,7 % en 2021. Une exception car en globalité, les placements sans risques sont de plus en plus coûteux.

Se tourner vers les actions

Pour obtenir un meilleur rendement de son épargne, les assureurs et les pouvoirs publics incitent les épargnants à augmenter la part des unités de compte (actions, obligations, parts d’OPCVM…) dans leurs contrats d’assurance-vie. Mais le capital n’est alors plus garanti. Il évolue, à la hausse ou à la baisse, selon l’évolution des marchés. Finalement, se tourner vers les actions reste la meilleure solution.

En 2021, l’année a été faste pour les actions. Avec la reprise économique, les entreprises ont engrangé de nombreux profits. Ce qui leur permet de soigner leurs actionnaires. Selon Allianz GI, les dividendes versés par les sociétés européennes devraient atteindre 410 milliards d’euros en 2022. « Le rendement de l’indice large européen, le Stoxx 600, ressort ainsi à 3,06 % », explique Alexandre Baradez, stratégiste chez IG France.

En France, selon le consensus des analystes FactSet, les sociétés du CAC 40 devraient distribuer près de 58 milliards, malgré l’inflation. Un record historique après le sommet atteint en 2019, juste avant la crise sanitaire. Les champions du CAC 40 avaient alors versé 49,2 milliards selon la Lettre Vernimmen. Les entreprises avaient réalisé près de 140 milliards de bénéfices nets ajustés en 2021 selon FactSet. Le précédent record datant de 2007 avec 94 milliards.

Le Crédit agricole SA affiche un rendement sur dividende de 10,5 %

« Le rendement du CAC 40 ressort ainsi à environ 2,91 % », ajoute Alexandre Baradez. Un argument de poids pour les marchés d’actions. D’autant que certaines entreprises offrent plus. Aux cours actuels, Crédit agricole SA affiche ainsi un rendement sur dividende de 10,5 %, Stellantis rapporte 7,6 %, BNP Paribas 7,5 % et Engie 7,4 %. A ces dividendes, on peut ajouter une belle performance boursière en 2021 (+28,9% pour le CAC 40).

La saison des assemblées générales, chargées de traiter des questions de politiques de dividendes, a commencé. Chez Stellantis, l’assemblée générale a validé le versement d’un dividende de 1,04 euro par action, soit 3,3 milliards au total. En grande forme, Stellantis a triplé son résultat net en 2021 (à 13,4 milliards).