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Les livrets d’épargne désormais plus rentables que l’assurance-vie en euros ?

Les livrets réglementés indexés sur l’inflation connaissent une hausse importante de leurs taux. Mais l’assurance-vie conserve un certain intérêt.

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Crédit: iStock.

L’inflation exceptionnelle qu’a connue cette année 2022, et qui devrait se poursuivre dans les mois, voire les années qui suivent, a bouleversé de nombreux secteurs, dont le monde de l’épargne. Celle-ci peut être davantage sollicitée par des particuliers inquiets face à un contexte économique incertain. Avec une inflation qui devrait atteindre 5,8% sur l’année selon les prévisions de la Banque de France, aucun placement sans risque ne peut prétendre totalement compenser la perte de pouvoir d’achat. Mais les livrets réglementés, indexés sur l’inflation, deviennent plus séduisants, et parfois plus attirants qu’une assurance-vie.

Des livrets rentables mais plafonnés

Les taux du livret A et du livret de développement durable et solidaire (LDDS) ont atteint 2% et pourraient encore gagner un point en février, même si cette hausse pourrait être tempérée par la Banque de France ou par l’exécutif. Le livret d’épargne populaire a quant à lui été relevé à 4,6% et pourrait par la même mécanique atteindre 6% en 2023. Des taux bien séduisants à côté de ceux de l’assurance-vie, qui devrait rapporter 1,6% avant impôt en 2023, relève Que Choisir. Qui plus est, les intérêts du livret A, du LDDS et du LEP sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Il faut cependant tenir compte des limites de ces livrets. Le LEP est conditionné à un plafond de revenus de 20.297 euros pour une part de quotient familial. Les dépôts y sont limités à 7.700 euros, le gain annuel maximum est donc pour l’instant de 354 euros. Le livret A est plafonné à 22.950 euros et le LDDS à 12.000 euros.

Ce serait toutefois une erreur de réduire le taux de l’assurance-vie à la moyenne annuelle. Elle reste « potentiellement plus rémunératrice en contrepartie d’un risque de perte en capital », a analysé pour Mieux vivre votre argent Stefan de Quelen, directeur général de Meilleurtaux Placement. « Même avec une allocation résolument prudente, visant un rendement de 3% par an, un investissement de 100 euros par mois pendant dix ans s’élèvera à 13 943 euros avant fiscalité. Une fiscalité qui ne s’appliquera qu’aux 1.943 euros d’intérêts, en sachant que l’assurance-vie de plus de huit ans permet de profiter d’abattements fiscaux (de 4.600 ou 9.200 euros par an sur les rachats partiels) », a-t-il rappelé.