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Est-il encore l’heure de se ruer vers l’or ?

À l’inverse de nombreux secteurs, l’or maintient une bonne position durant la pandémie de covid-19. Néanmoins, il pourrait perdre de son attrait avec la reprise.

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Credit:AVENTURIER PATRICK/SIPA/1206291434

L’or connaît incontestablement un retour en grâce. Si la pandémie de coronavirus affecte de nombreux secteurs, la « relique barbare », selon les mots de Keynes, n’est pas concernée. Tandis que le CAC 40 cédait 7,14 % sur l’année 2020, l’or se hissait de son côté sur le podium des meilleures classes d’actifs, avec un gain conséquent de 24 %. Même ramenée à + 13,5 % pour des transactions en euro, la hausse demeure satisfaisante.

Le cru 2021 s’annonce-t-il aussi prodigue ? Bien sûr, l’horizon se dégage grâce aux campagnes de dépistage et aux vaccins. Mais le chemin de la reprise sera « lent et chaotique » prévient Monica Defend, Global head or research d’Amundi. Le retour à la normale n’interviendra pas avant l’été, à condition que le front sanitaire ne se dégrade pas. « Aujourd’hui, les marchés valorisent un scenario optimiste, la transition et la décrue de l’épidémie plaident pour d’éventuelles stratégies de couverture avec de l’or » poursuit-elle.  

Après la correction de novembre dernier, les cours actuels constituent « peut-être un point d’entrée » sur cet antistress, selon Laurent Schwartz, le président du Comptoir National de l’or : à la clôture du 18 janvier, l’once (31,104 grammes) cotait 1830 dollars, soit un retrait de 3,25% depuis le début de l’année. L’investisseur dispose ainsi de deux options : avec des produits boursiers ou des produits physiques, soit les barres, lingots ou pièces.

Or physique Vs or papier

« Les investissements en or papier et en or physique obéissent à deux logiques différentes », explique Laurent Schwartz. Ceux qui optent pour la première option « pratiquent davantage le trading intraday et sont plus aguerris à ce genre d’exercice » poursuit-il. Outre leur grande liquidité, ces produits dérivés ou de couverture, comme des ETF ou des certificats, sont moins chargés en frais financiers. Attention en cas de choc profond, prévient-il : « en cas de crise majeure, il peut devenir compliqué d’obtenir de l’or physique en contrepartie de l’or papier. En effet, une surprime allant jusqu’à 5% peut différencier les deux supports dans ce contexte, comme en mars 2020 ».

L’or physique, idéal pour un fond de portefeuille (5 à 8 % de son total), recèle de nombreux pièges. Evitez absolument certains sites étrangers. N’achetez rien non plus sans garantie d’un vrai certificat d’authenticité attestant que le produit livré (barre, lingot, lingotin ou pièces) est conforme aux normes internationales : poids brut, poids de l’or fin, signature de l’essayeur, poinçon du fondeur agréé LBMA (London Bullion Market Association), numéro de série, qui doit aussi être reporté sur la facture, etc. N’exigez que du 999,9 millième, la plus haute pureté. Cette prudence vous épargnera de vous retrouver avec du cuivre, du plomb ou du tungstène enrobé dans une fine couche d’or. Idem pour des lots de monnaies trop brillantes ou présentant les mêmes « séries » de rayures.

Des frais élevés

Toutes ces précautions renchérissent le coût de l’investissement dans l’or, qui supporte des frais élevés. Selon Laurent Schwartz, ils oscillent entre 3 et 5 % du montant total de la transaction. Et sont prélevés à l’entrée puis à la sortie, mais peuvent être négociés. Attention lorsque vous revendez vos acquisitions : certains intermédiaires réduisent le prix sous prétexte de dégâts occasionnés lors de leur manipulation. Le président du Comptoir National de l’Or recommande de n’accepter que des produits emballés dans des sachets scellés, dont le numéro du scellé figure sur la facture. Pour ne pas tenter les cambrioleurs, il est recommandé de les stocker chez votre intermédiaire. Au prix cependant de la souscription d’une assurance, dont la prime annuelle représente 0,9 % du montant de l’achat.