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Or : le conflit en Ukraine, mené par la Russie, fait s’envoler le cours

Depuis début février, la hausse est de 11%. Un niveau que l’or n’avait pas atteint depuis août 2020. Explications.

inflation

L’or reste un placement prisé lors des crises. Et ce n’est pas la situation actuelle, liée à l’invasion russe de l’Ukraine qui fera mentir cette maxime. En effet, depuis le début du conflit, l’inflation a fait son grand retour. Et dans son sillon, le cours de l’or s’est envolé. Lundi 7 mars au matin, le cours dépassait les 2.000 dollars l’once avant de repasser en dessous, explique Le Figaro. Depuis début février, la hausse est de 11%. Un niveau que l’or n’avait pas atteint depuis août 2020.

Rien de surprenant à cette flambée des cours. En effet, les investisseurs institutionnels et particuliers qui se sont rués vers l’or l’ont eux-même provoquée. «Les risques géopolitiques et l’inflation sont habituellement les deux moteurs de la hausse des cours», précise Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG. Celle-ci va également de pair avec l’envolée générale des cours des matières premières. À l’image du pétrole, du blé et des métaux. . «La volatilité est complètement dingue en ce moment. C’est signe d’un marché un peu perdu», ajoute Arnaud du Plessis, spécialiste or chez CPR AM.

Et cette ruée vers l’or est tout à fait logique. En fait, le métal jaune est un actif tangible. De plus, il ne peut pas faire faillite. Étant donné que la valeur de l’once se cale sur le fixing de Londres, il s’agit d’un produit extrêmement liquide. De facto, le métal jaune peut à tout moment être coté. De cette manière, il est possible d’en acheter de façon indirecte. Que ce soit via des ETF, des fonds répliquant l’évolution des cours ou via des produits financiers dérivés. « L’or fait partie du top 10 des actifs les plus tradés, on peut l’acheter et le revendre quinze minutes plus tard si l’on souhaite, ce sont des produits hypers liquides », assure Alexandre Baradez.

Ruée vers l’or

Investir dans l’or est également un moyen de diversifier ses classes d’actifs. « Il y a un désir certains des investisseurs institutionnels et des particuliers de se protéger et de diversifier leur exposition aux marchés, c’est très clair », ajoute Arnaud du Plessis.

Sur les comptoirs de vente, l’engouement est perceptible. La demande des particuliers s’est envolée ces derniers jours. « En ce moment, les gens sont un peu fous. Ils se réveillent d’un seul coup et pensent que le monde va s’écrouler », précise un vendeur, rue Vivienne à Paris qui en abrite bon nombre. « On est assailli de demandes. Les acheteurs sont inquiets voire très inquiets et souhaitent protéger leur épargne », affirme Laurent Schwartz, président du Comptoir national de l’or. Sur la première semaine du mois de mars, par rapport à la même période en 2021, le réseau qui regroupe 70 boutiques a vu ses ventes bondir de 140%. La cote du napoléon, pièce la plus vendue auprès des particuliers, s’envole. En quelques jours, la prime sur ces pièces a doublé. Elle atteint désormais près de 6%.

Cependant, seuls les petits épargnants sont concernés par ce (re)gain d’intérêt. « Ce sont des clients qui vont acheter quatre ou cinq pièces, analyse Cédric Koczor, président du directoire de Loomis FXGS. Et de conclure : « Mais les plus gros acheteurs, capables d’acheter de grosses quantités en kilos, on les voit peu pour l’instant. »