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Le cours de l’or dopé par l’inflation et la crise internationale

Mais les observateurs mettent en garde contre une chute prochaine du cours de l’or.

Cours de l'or

C’est la valeur refuge historique en cas de crise. Le cours de l’or est à nouveau à la hausse en 2022, après avoir déjà connu des sommets au cours des années précédentes. La crise du Covid-19 avait fait monter le prix du métal jaune à un niveau inédit de 2.075,47 dollars l’once à l’été 2020, rappellent, samedi 30 avril, Les Échos. Si la pandémie génère désormais moins d’inquiétudes, le début de l’année a été marqué par l’invasion russe de l’Ukraine. Dans ce contexte international incertain, l’or retrouve des couleurs. Mais certains observateurs jugent que cela ne va pas durer.

Au premier trimestre 2022, son prix n’est presque jamais descendu sous les 1.900 dollars l’once et a même dépassé les 1.900 dollars. Les quantités achetées ont, sur la même période, augmenté de 34 %, selon le Conseil mondial de l’or (CMO). Du jamais-vu depuis 2018, précisent Les Échos. Outre les craintes suscitées par le conflit russo-ukrainien, l’or bénéficie également de l’inflation au niveau mondial. Le phénomène est particulièrement fort aux États-Unis, où la hausse des prix n’avait pas attendu l’offensive russe. Car si l’or ne génère pas de revenus réguliers, il apparaît comme un placement opportun lorsque les taux d’intérêts et dividendes sont loin d’atteindre le niveau de l’inflation.

Des investissements liés au cours de l’or en hausse…

L’engouement pour l’or s’est notamment vu à travers les investissements dans les ETF (Exchange Trade Funds, des fonds d’investissements indexés sur un indice boursier) basés sur le métal précieux. Ils ont enregistré, début 2022, des flux entrants de 269 tonnes d’or. Un chiffre digne des pires heures de la pandémie.

…mais une demande en baisse

Toutefois, les observateurs mettent en garde contre une chute prochaine des cours. D’abord parce qu’il est difficile de prévoir l’évolution de la guerre en Ukraine. Une détente devrait mécaniquement limiter l’attrait pour une valeur refuge. Mais aussi, la demande diminue sur plusieurs marchés importants en raison de cette hausse des prix. La Chine et l’Inde, qui représentent plus de la moitié de la consommation mondiale de bijoux en or, restent très ébranlés par le Covid-19 et l’inflation. Les ventes s’annoncent donc en retrait significatif dans ces pays clés.